Accident cérébro-vasculaire (ACV)


Accident cérébro-vasculaire (ACV)


Les maladies cardiovasculaires et les accidents vasculaires cérébraux sont les principales causes de décès au Canada mais bien des gens ignorent leurs propres risques. Il n'est pas difficile de demeurer en santé quand on sait quoi faire. Nous vous présentons des renseignements qui vous aideront à garder la santé et à reconnaître les facteurs de risque, afin de mieux comprendre et de mieux lutter contre les maladies cardiovasculaires lorsqu'elles surviennent.
Description:

L'accident cérébro-vasculaire (ACV) survient lorsqu'il y a interruption du débit sanguin dans une partie du cerveau. Cette interruption peut être attribuable à un caillot de sang qui obstrue une artère irriguant le cerveau (accident ischémique cérébral) ou à l'éclatement d'un vaisseau sanguin dans le cerveau (accident hémorragique cérébral). Environ 80 % de tous les ACV sont d'origine ischémique, et 20 %, d'origine hémorragique.

Les ACV sont la cause directe d'environ 9 % de tous les décès au Canada, ce qui en fait la troisième cause de mortalité la plus importante, après les maladies cardiaques et le cancer. C'est également la principale cause d'invalidité physique, les ACV viennent au deuxième rang, après la maladie d'Alzheimer, comme principale cause d'invalidité mentale. Au Canada, 55 000 ACV surviennent chaque année et 16 000 personnes en meurent. Ce taux d'ACV par habitant est le plus faible au monde.
Causes

Un ACV ischémique résulte de la même série d'événements qui se produisent dans une crise cardiaque mais ces événements surviennent dans le cerveau ou près du cerveau au lieu du cœur. Le premier événement est l'apparition d'un trouble cardiovasculaire, par exemple, l'hypertension artérielle et l'athérosclérose. L'athérosclérose est la cause première à l'origine de presque toutes les crises cardiaques et de presque tous les ACV. L'athérosclérose est caractérisée par l'accumulation de dépôts de lipides (matières grasses) entre la paroi interne et médiane des vaisseaux sanguins, ce qui entraîne leur rétrécissement et entrave l'écoulement normal du sang.
Dans les segments de veines et d'artères rétrécies par l'athérosclérose, l'écoulement du sang est souvent entravé. Cette entrave peut induire la formation d'un caillot sanguin, tout comme un caillot se forme dans une plaie. À mesure que le caillot grossit, il obstrue de plus en plus l'écoulement du sang dans la veine ou dans l'artère. Si cette obstruction touche une des artères ou des artérioles (artères de petit calibre) qui irriguent le cerveau, les cellules du cerveau manquent d'oxygène. Si l'obstruction est suffisamment grave pour causer la mort des cellules cérébrales, on parle d'ACV ischémique.
Parfois, un caillot se constitue dans une autre partie du réseau vasculaire mais il se détache de la paroi du vaisseau et circule librement dans les veines ou les artères. Si le caillot atteint un vaisseau sanguin trop petit pour lui permettre de passer, il s'y loge et l'obstrue. Cette obstruction peut survenir dans les principales artères qui irriguent le cœur, ce qui provoque une crise cardiaque. Si l'obstruction touche une artère qui alimente le cerveau, c'est l'ACV ischémique. Ce caillot qui circule dans les vaisseaux est appelé « embole ».
Les ACV ischémiques causés par un caillot qui circule dans les vaisseaux sont appelés embolies cérébrales.
Les caillots se constituent, en général, dans le cœur, souvent lors d'une arythmie telle que la fibrillation auriculaire. Si l'ACV ischémique est causé par un
caillot qui se constitue dans un vaisseau cérébral (la forme la plus courante d'ACV ischémique), on parle de thrombose cérébrale
Les ACV hémorragiques sont causés par l'éclatement d'un vaisseau sanguin dans le cerveau.

Le tissu cérébral qui, dans des conditions normales, est alimenté par ce vaisseau ne reçoit plus de sang. Par conséquent, le sang libéré par l'hémorragie peut s'accumuler et augmenter la pression à cet endroit du cerveau. Cette pression excessive est une grave menace et c'est la principale raison pour laquelle les ACV hémorragiques sont plus susceptibles d'entraîner la mort que les ACV ischémiques.
Si l'hémorragie survient dans le cerveau comme tel, on parle d'hémorragie cérébrale. Par contre, lorsque l'hémorragie survient dans un territoire à la base du crâne mais bloque la circulation dans une partie du cerveau, on parle d'hémorragie sous-arachnoïdienne.
Les anévrismes sont une cause fréquente de rupture d'un vaisseau sanguin. Le mot « anévrisme » décrit l'affaiblissement d'un segment de la paroi d'un vaisseau sanguin; sous la pression du sang, cette partie de la paroi forme un ballonnement. L'anévrisme risque d'éclater, surtout durant un effort. Certaines formes d'anévrisme sont héréditaires mais la principale cause de rupture d'un anévrisme est l'hypertension artérielle. Même les personnes qui présentent des anévrismes congénitaux sont peu susceptibles de subir un ACV si leur tension artérielle demeure normale.
Les facteurs de risque des ACV sont les mêmes que ceux d'autres maladies cardiovasculaires.
Les facteurs qui augmentent beaucoup le risque d'ACV sont les suivants :
  • un âge avancé ;
  • la race - les personnes d'origine africaine courent un risque deux fois plus grand de subir un ACV ;
  • le diabète ;
  • l'hypertension artérielle ;
  • le tabagisme
  • la sédentarité ;
  • les anévrismes ;
  • la présence d'une autre maladie cardiovasculaire ;
  • la fibrillation auriculaire (une forme d'arythmie).
Un taux élevé de cholestérol, un des principaux facteurs de risque de maladie cardiaque, n'a pas été relié de façon certaine à la survenue des ACV mais, puisque le fait d'être atteint d'une maladie cardiaque augmente le risque d'ACV, on peut raisonnablement présumer qu'un taux élevé de cholestérol est nuisible. D'autres troubles ont également été reliés aux ACV mais la relation n'est pas aussi puissante que dans le cas des principaux facteurs de risque. Les facteurs de risque secondaires sont :
  • l'obésité ;
  • les contraceptifs oraux ;
  • une consommation d'alcool excessive ;
  • la cocaïne ;
  • des antécédents familiaux d'ACV - certains gènes induisent une prédisposition à une coagulation plus rapide du sang ou à un rétrécissement des artères.
Certaines personnes présentent des signes d'un ACV imminent, c'est-à-dire qu'elles subissent une attaque ischémique transitoire (AIT), parfois également appelée un. mini-ACV
Un caillot se constitue et obstrue l'apport sanguin au cerveau, induisant l'arrêt de l'activité des cellules nerveuses mais ce caillot se dissout avant que les cellules meurent. Parfois, des AIT peuvent survenir en l'absence d'un caillot sanguin et elles sont alors causées par une athérosclérose grave qui rétrécit des artères au point de bloquer le débit sanguin. Environ 10 % des ACV sont précédés d'un accident ischémique transitoire mais la plupart des AIT se manifestent seuls.
Les symptômes sont semblables à ceux d'un ACV sans gravité et la personne se rétablit normalement.
Symptômes et Complications :

L'ACV est d'installation brutale et se constitue souvent en quelques minutes ou en quelques heures ou, tout au plus, en quelques jours.
Un mal de tête intense peut être présent mais pas toujours. Les symptômes sont fonction de la région du cerveau qui ne reçoit plus assez de sang. En général, le premier symptôme est la perte de sensibilité ou de motricité dans un bras. Ce symptôme est parfois intermittent mais, en général, il est de plus en plus intense à chaque fois. À mesure que l'ACV se constitue, d'autres symptômes se manifestent. Les signes et symptômes de l’ACV et de l’AIT varient selon la partie du cerveau qui est atteinte. Souvent, signes n’apparaissent que d’un côté du corps, parce que seul un côté du cerveau est touché. La Fondation des maladies du cœur du Canada recommande de surveiller les signes précurseurs suivants :
Les plus fréquemment :
  • Troubles de la vue - une perte soudaine de la vue, particulièrement dans un œil ou une vision double ;
  • Maux de tête - des maux de tête intenses, inhabituels et d'apparition brutale ;
  • Faiblesse - faiblesse, engourdissement et/ou picotements d'apparition soudaine au niveau du visage, d'un bras ou d'une jambe ;
  • Troubles de l'élocution - perte passagère de la parole ou difficulté à comprendre les paroles d'autrui – difficulté à avaler ex : bave ;
  • Étourdissements - pertes d'équilibre ou chutes soudaines, une perte de coordination, particulièrement si elle s'accompagne d'un des signes ci-dessus ;
  • Une paralysie des muscles faciaux ;
  • Une diminution du degré de conscience ;
  • De la confusion mentale.
Moins fréquemment :
  • Une perte de contrôle de la vessie et de l’intestin ;
  • Une inégalité des pupilles.
Dans de nombreux cas, les ACV se manifestent d'abord par des symptômes plutôt bénins.
Ces symptômes s'aggravent parfois sur une période de quelques heures ou demeurent bénins. Chez certaines personnes, la survenue d'un ACV suscite seulement une impression de fatigue ou de lenteur - tout dépend de la région du cerveau qui est touchée. Cependant, tous les ACV sont graves car ils provoquent habituellement des lésions cérébrales permanentes.
Environ 80 % des personnes qui survivent à un ACV présentent des séquelles, c'est-à-dire une invalidité, notamment des troubles du langage, de la vue et une paralysie partielle. Beaucoup souffrent également de dépression et d'instabilité émotionnelle, souvent la conséquence physique directe de la lésion cérébrale.

Diagnostic :

Lorsqu'une personne présente des symptômes d'un ACV ou d'une AIT (attaque ischémique transitoire), le médecin l'interroge sur ses antécédents médicaux et sur des événements récents qui pourraient expliquer ces symptômes
.
En plus de l'examen physique et de l'examen neurologique, d'autres examens peuvent aider le médecin à poser le diagnostic. Ces examens sont, entre autres, la tomodensitométrie cérébrale (une technique radiologique qui produit des images du cerveau) ou l'imagerie par résonance magnétique (IRM) ; le médecin peut aussi ordonner
des études de l'activité cérébrale, par exemple un électroencéphalogramme (EEG). En outre, des examens pour évaluer le débit sanguin dans les vaisseaux, par exemple une artériographie, une angiographie et une échographie Doppler, sont souvent utiles pour rechercher une obstruction des vaisseaux et des artères. Ces examens aident à trouver les lésions et à orienter le diagnostic.
Traitement et Prévention :
Il est vital que l'ACV soit traité dans les premières heures. Les cellules du cerveau qui ne reçoivent plus d'oxygène meurent en moins de quelques minutes et elles ne redeviennent jamais fonctionnelles. Pourtant, dans un ACV caractéristique, seule une petite région cérébrale est d'abord touchée. Dans les quelques heures qui suivent, la lésion progresse lentement et touche des parties plus éloignées du cerveau. Il existe aujourd'hui plusieurs nouveaux médicaments ainsi que des médicaments expérimentaux qui peuvent arrêter, voire corriger, la lésion cérébrale causée par un ACV mais aucun de ces médicaments n'est efficace s'il n'est pas administré dans les premières heures qui suivent l'ACV. Un de ces nouveaux agents puissants, appelé tPA (en anglais tissue-type plasminogen activator) ou activateur tissulaire du plasminogène, peut arrêter la progression des lésions lorsqu'il est administré dans les trois premières heures qui suivent le début de l'ACV mais, administré trop tard au cours d'un ACV, il peut être mortel.
Si autant de personnes souffrent d'une invalidité chronique ou meurent par suite d'un ACV, c'est qu'elles ne tiennent pas compte de leurs symptômes et qu'elles attendent trop longtemps pour aller à l'hôpital.
De nombreuses études ont démontré qu'une proportion aussi faible que 5 % des personnes qui subissent un ACV se présentent à l'hôpital dans les six premières heures suivant l'apparition des symptômes. On sait pourtant que, pour être efficace, le traitement doit être administré moins de trois heures après le début de l'ACV.
Le signe le plus grave d'un ACV imminent est un engourdissement soudain ou, pis encore, une paralysie d'un bras. Une personne qui présente un tel symptôme doit se rendre immédiatement à l'hôpital le plus près ou à un service d'urgence.
Il se pourrait que les symptômes témoignent d'un accident ischémique transitoire (AIT). Si c'est le cas, c'est un avertissement qui ne survient que chez un petit nombre de personnes. Il faut donc réagir et prendre les précautions qui s'imposent. Il existe beaucoup de médicaments, notamment des anticoagulants, qui préviennent la formation de caillots sanguins et permettent de réduire le risque d'ACV. Si vous avez survécu à un ACV, il est probable qu'on vous prescrive un de ces médicaments qu'il faut prendre à vie pour prévenir un autre ACV. Une intervention chirurgicale peut aussi permettre d'améliorer le débit sanguin dans les artères carotides et dans les vaisseaux de gros calibre qui irriguent le cerveau.
Un moyen facile d'éviter les ACV est de corriger les facteurs de risque qui sont modifiables. Il faut faire plus d'exercice, cesser de fumer et maintenir la tension artérielle au niveau souhaitable. Les personnes qui présentent une hypertension artérielle peuvent diminuer immédiatement le risque de subir un ACV de 40 % en prenant les antihypertenseurs tel que prescrit par leur médecin.
La forme d'arythmie appelée fibrillation auriculaire augmente considérablement le risque d'embolie cérébrale. La fibrillation auriculaire peut être traitée très efficacement et c'est un autre facteur de risque modifiable.
Si vous suivez tous ces conseils, si vous gardez votre tension artérielle à un niveau normal, si vous perdez du poids et que vous ne consommez pas trop d'alcool, vous réussirez non seulement à éviter un ACV mais vous diminuerez aussi de façon radicale le risque de subir une crise cardiaque ou de souffrir d'insuffisance cardiaque congestive.
Les premiers soins de l’accident cérébro-vasculaire et de l’AIT
Comme le secouriste ne peut déterminer si la victime a subi un accident cérébro-vasculaire ou un AIT, il doit donner les premiers soins de la même manière dans les deux cas. Si les signes et symptômes disparaissent après quelques temps, ce qui suppose un AIT, dire à la victime de consulter un médecin parce qu’un accident cérébro-vasculaire pourrait suivre.
1. Appliquer les principes de la PCSU – effectuer un examen des lieux. Poser des questions à la victime pour savoir ce qui est arrivé. Effectuer un examen primaire.
2. Appeler des secours médicaux.
3. Placer la victime au repos dans la position qui lui offre le plus de confort – habituellement la position semi-assise.
4. Ne rien lui donner par la bouche. Si elle a soif, lui humecter les lèvres avec un linge mouillé.
5. La protéger des blessures pendant qu’on la soulève ou la déplace ou si elle fait des convulsions.
6. La rassurer et la garder au chaud.
7. Si elle devient semi-consciente ou inconsciente, la placer dans la position latérale de sécurité. Si elle est paralysée, la tourner sur le côté paralysé pour faciliter la respiration.
8. Si elle cesse de respirer, entreprendre la RA. Si le pouls est imperceptible, entreprendre la RCR.

Quel est le côté paralysé?
Si la victime perd conscience, il peut être difficile de savoir quel côté est paralysé. La bouche et la joue peuvent être plus affaissées du côté paralysé – Le visage peut paraître asymétrique.
Si possible, placer la victime dans la position latérale de sécurité, sur le côté paralysé. Elle respira mieux si le côté non paralysé est tourné vers le haut.
SOURCE:
Références :
Premiers sur les lieux ambulance Saint-Jean

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