Angiomes

LES MALFORMATIONS CAPILLAIRES OU ANGIOMES

Qu’est-ce qu’une malformation capillaire ?




Les malformations capillaires sont des lésions cutanées congénitales. Elles sont donc présentes dès la naissance. Elles sont rouges, parfois rosées, planes et bien délimitées. On les appelle aussi « tâches de vin » dans le langage commun.

Les vaisseaux capillaires (les plus petits vaisseaux du corps) peuvent se dilater dans la partie

superficielle de la peau, c’est ce qu'on appelle une malformation capillaire.

La taille de ces vaisseaux va augmenter progressivement avec l’âge, ce qui pourra expliquer que la tâche peut prendre une coloration plus foncée. Ces lésions persistent durant toute la vie de l’individu.



Les vaisseaux capillaires se forment pendant l'embryogenèse, c’est-à-dire au début de la vie embryonnaire (1ier trimestre de grossesse).

Quelle est la cause des malformations capillaires ?

La cause de ce défaut de formation est inconnue.

En aucun cas les parents ne sont responsables. Aucune alimentation ou médicament ingéré ni activité pratiquée pendant la grossesse n'est responsable de l'apparition d'une malformation capillaire.

Où se situent les malformations capillaires?

Ces malformations peuvent se situer partout sur le corps.

Comment peut-on diagnostiquer une malformation capillaire?

Généralement, par un examen clinique. On peut parfois avoir recours à la réalisation d’un échodoppler (instrument d’imagerie médicale). Le doppler étudie le débit du sang dans les artères et les veines, donnant ainsi des renseignements sur ses conditions d’écoulement et la bonne irrigation des organes.

Quand faut-il consulter un spécialiste?

Chez le nouveau-né, la surveillance est assez étroite durant les premiers mois de vie, car cet angiome plan peut être associé à d’autres malformations vasculaires. On dit alors qu’il s’agit d’un faux angiome plan.

Si la malformation capillaire recouvre :

une partie du front ou de la paupière supérieure, il est nécessaire de compléter le bilan par la recherche d’éventuelles malformations vasculaires au niveau de l’œil et du cerveau.

Une partie d’un membre (bras ou jambe), il faut s’assurer que les veines et les artères sont normales.

Par contre s’il n’existe pas de signes autres associés et que l’évolution est stable, c’est un angiome plan isolé. Il ne présente pas alors de facteur de gravité, il s’agit plus d’un problème esthétique pour lequel un traitement par laser colorant pulsé est possible.

Quelles sont les évolutions possibles ?

Si l’angiome plan est isolé, la seule évolution possible est l’épaississement de la peau en regard ou l’apparition de bourgeons de peau charnu (botriomycome).

Comment peut-on traiter les malformations capillaires ?

Le laser colorant pulsé peut-être proposé. Ce laser produit une énergie qui est absorbée presque totalement par l’hémoglobine contenue dans les vaisseaux sanguins anormalement dilatés sous la peau, causant leur destruction. Un jet refroidissant réduit la température de la peau une fraction de seconde avant chaque impulsion pour réduire les risques de brûlures.

Cela se fait sous anesthésie locale, et on peut ressentir une impression douloureuse comme un coup d’élastique.

L’avènement des lasers a bouleversé la prise en charge des angiomes plans qui, de fait, représentent la première indication purement médicale du laser en dermatologie. Les angiomes plans communément appelés « taches de vin » sont des malformations congénitales des vaisseaux de la peau. Présents dès la naissance, ils n’ont aucune tendance à s’effacer. ils peuvent être dans certaines localisations associés à des malformations vasculaires plus profondes.

Le principe thérapeutique consiste à faire disparaître par l’effet de la lumière du laser les vaisseaux responsables de la coloration anormale. Un tel objectif nécessite la pénétration de la lumière à travers la peau, puis son absorption par l’hémoglobine du globule rouge avec création d’une source de chaleur qui conduira à la disparition vasculaire souhaitée.

La lumière laser doit donc avoir une longueur d’onde adéquate, entre 490 et 600 nm (lumière jaune-verte), pour répondre à cet objectif.

Le deuxième impératif indispensable au succès thérapeutique est le respect du tissu avoisinant les vaisseaux, sous peine de voir se développer une cicatrice.

Deux possibilités sont offertes : la première est l’utilisation d’un effet thermique pur, avec contrôle de l’intensité de l’élévation thermique et surtout de la diffusion de chaleur pour éviter que le tissu entourant le vaisseau soit lésé ; c’est le principe de la photocoagulation sélective. La deuxième possibilité est d’élever brutalement et pendant un temps très court la température au niveau même du globule rouge, sans diffusion thermique en dehors de cette cible, pour provoquer une hyperpression brutale aboutissant à l’éclatement du vaisseau ; c’est le principe de la photothermolyse sélective.

Actuellement deux types de lasers répondent à ces possibilités de destruction de l’angiome. la photothermolyse sélective est obtenue grâce au laser à colorant pulsé utilisé avec une pièce à main que l’opérateur déplace sur la surface à traiter. La photocoagulation sélective peut être obtenue par des lasers continus ou semi-continus, couplés à des systèmes robotisés permettant de distribuer les spots lumineux de manière intelligente sur l’angiome plan.

Aujourd’hui, quelque soit le laser utilisé, le traitement ne peut aboutir à la disparition complète de l’angiome. un très bon résultat est un effacement suffisamment significatif pour permettre sa tolérance esthétique au prix d’un maquillage très léger.

L’obtention du résultat optimal se fait au prix de passages répétés sur la même zone de l’angiome au cours de différentes séances, dont le nombre ne peut hélas pas être déterminé à l’avance.

Le laser à colorant pulsé est le seul validé actuellement pour le traitement des angiomes plans de l’enfant et du nourisson de plus il n’y a pas de réelle limite d’age inférieure pour entreprendre le traitement.

Les impacts laser sont douloureux et peuvent nécessiter différents types d’anesthésies :

Anesthésie de contact par crème anesthésiante appliquée sous pansement occlusif deux heures avant la séance.

Anesthésie tronculaire chez le grand enfant et l’adulte

Anesthésie générale en cas de grande surface, de localisation difficile ou chez le petit enfant.

La localisation de l’angiome influe sur le résultat ; les angiomes qui répondent le mieux au traitement laser sont les angiomes faciaux, alors que les angiomes des membres inférieurs sont plus réfractaires. La coloration et l’aspect de l’angiome influent également sur le résultat.

Les lasers peuvent induire des complications, la principale étant la cicatrice. Elles étaient fréquentes avec les lasers continus lorsqu’ils n’étaient pas couplés à des robots optimisant la distribution lumineuse ; depuis l’utilisation de ces robots, elles sont devenues très rares. Elles sont quasi exceptionnelles avec le laser à colorant pulsé. L’utilisation d’un système de refroidissement de la peau pendant le traitement permet d’utiliser des puissances plus fortes avec un risque moindre d’effets secondaires.

A long terme, il n’existe aujourd’hui pas d’élément pour suspecter un danger, comme cela a pu être noté avec d’autres traitements actuellement abandonnés ; par contre, une résurgence de l’angiome peut dans de très rares cas apparaître plusieurs années après un traitement laser bien que celui-ci ait été correctement conduit.

Chez le nourrisson, les autres types d’angiomes ne constituent que rarement une indication du laser.

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