CYTOMEGALOVIRUS HUMAIN (HCMV ou HHV5)


CYTOMEGALOVIRUS HUMAIN (HCMV ou HHV5)

HCMV appartient à la classe des Béta-Herpes Virus, caractérisée par une spécificité d’hôte très étroite in vitro, beaucoup plus large in vivo et un cycle de réplication virale très long (environ 5 jours en culture de cellules) et une dissémination très lente.
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En culture de cellules, les cellules infectées sont élargies (Cytomégalie), porteuses d’inclusions nucléaires et paranucléaires. L’infection virale productive est cytolytique, l’infection latente préserve la cellule hôte. On décrit également, expérimentalement une infection transformante.
L’infection dans l’organisme se fait en 3 étapes : primoinfection / infection latente / infection secondaire. Le virus en effet persiste indéfiniment dans l’organisme.
La réplication du virus est sous contrôle de l’immunité cellulaire exclusivement. En cas de déficit de l’immunité cellulaire, les infections secondaires sont plus fréquentes. Il existe également des infections persistantes.
Fréquence : HCMV est répandu partout dans le monde touchant la majorité de la population (plus de 90% de la population dès le plus jeune âge dans les pays en voie de développement, incidence progressant avec l’âge jusqu’à 70% dans les pays plus développés).
Pathologie : la maladie à HCMV est exceptionnelle chez le sujet immunocompétent, très fréquente chez les sujets immunodéprimés.
Diagnostic directe: par la détection du virus en culture de cellules à partir des liquides biologiques ou de biopsies d’organes, par la détection de l’antigène pp65 dans les leucocytes circulants, par l’amplification du génome viral (dans le LCR, le plasma, les leucocytes ou les cellules biopsiées), par Hybridation in situ dans certaines indications.
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Diagnostic indirect par la sérologie (méthode ELISA) détectant IgG, IgM et IgA spécifiques.

INTRODUCTION

HCMV est responsable de la maladie des inclusions cytomégaliques découverte dès 1904 à l’examen de produits d’avortements et des viscères d’enfants mort-nés.
Il est responsable de syndromes mononucléosiques comparables à la Mononucléose Infectieuse de l’EBV, de pneumopathies, d’hépatites, d’entérocolites, d’atteintes neurologiques… Il est capable de se repliquer dans tous les tissus de l’organisme et d’y induire des manifestations pathogènes. Cet événement rare chez le sujet immunocompétent est très fréquent chez les immunodéprimés car seule l’immunité cellulaire est capable de neutraliser la réplication virale..
C’est une MST.

STRUCTURE DU VIRUS

Virus à ADN bicaténaire enveloppé de symétrie cubique, à développement nucléaire.
Le virus comporte 3 enveloppes :
la capside (avec 162 capsomères dont les protéines mineures et majeures de capsides ainsi que les protéines d’ancrade de l’ADN viral)
le tégument (fait de plus de 20 phosphoprotéines dont la pp65 et la pp150 fortement immunogènes)https://encrypted-tbn0.google.com/images?q=tbn:ANd9GcSlRqMXk9iXJ6OSxhb4zWVFzm7PILqPUVrG_L-UpjU95O5nRu9VEw
un double feuillet lipidique externe dérivant de la membrane nucléaire de la cellule hôte comportant les glycoprotéines virales de surface qui conditionnent l’infectiosité du virus : ce sont les glycoprotéines gB et gH conditionnant l’adhésion du virus à la cellule cible et la fusion des enveloppes cellulaires et virales). Il existe également 2 glycoprotéines réceptrices des chemiokines (facteur chimioattractants) et une glycoprotéine réceptrice du fragment Fc des immunoglobulines qui favorise l’entrée du virus HIV dans les cellules infectées par HCMV.
HCMV est un virus fragile, toute atteinte portée à l’intégrité de l’enveloppe réduit son potentiel infectieux.

LE GENOME D’HCMV

Le génome code environ 200 protéines dont 35 de structure. Il possède 240.000 paires de bases correspondant à 2 sous-unités (1 longue, UL et 1 courte, US) encadrées par des séquences répétitives permettant au génome de se circulariser (forme réplicative du génome viral) mais permettant aussi au cours de la réplication virale l’inversion des sous-unités (forme d’adaptation du virus à la réplication intra-cellulaire).

LE CYCLE DE REPLICATION D’HCMV

Equivalent à celui des alpha HHV. HCMV, comme chacun des autres HHV, possède ses propres anti-récepteurs spécifiques des récepteurs cellulaires permettant l’attachement.
Infection productive et lytique in vitro sur lignée de fibroblastes humains (fibroblastes embryonnaires pulmonaires de la lignée MRC5). Le cycle de réplication est long (5 à 7 jours) et peu productif. L’effet cytopathogène est caractérisé par l’élargissement de la cellule et de son noyau qui est comprimé par une inclusion paranucléaire (donnant à la cellule infectée l’aspect d’œil de hibou).
In vivo, HCMV se réplique dans une grande variété de cellules (épithéliales, endothéliales, fibroblastes, monocytes…). Les sites de latence, en dehors des leucocytes, ne sont pas définitivement identifiés.

EPIDEMIOLOGIE

Le réservoir est strictement humain. Il n’y a pas d’incidence saisonnière. Dans les pays en voie de développement, l’incidence varie de 90 à 100%. Dans les industrialisés, la fréquence croit avec l’âge (environ 20% avant 20 ans pour atteindre 70% chez les personnes âgées). Cette fréquence tend à diminuer, augmentant le risque de primoinfection à l’âge adulte avec pour conséquence un risque croissant de primoinfection chez la femme enceinte (risque de mort in-utéro, de malformations, de séquelles neurosensorielles).

TRANSMISSION

En cours de grossesse (passage trans-placentaire), au moment de l’accouchement, au cours de l’allaitement et des soins de maternage, en crêche, puis par contacts humains étroits : infection sexuellement transmissible (MST).
Transmission par les secrétions oropharyngées et génitales, les urines , le sperme, le lait et les larmes ainsi que la transfusion sanguine, le don d’organes et de tissus.

PATHOGENESE

Chez le sujet immunocompétent, la pathogénie est limitée car le virus dissémine faiblement. Il se dissémine essentiellement de cellule à cellule par rapport de contiguïté. Au plan régional, atteignant l’endothélium vasculaire, il induit un foyer d’endothélite vasculaire qui favorise le recrutement de leucocytes et leur contamination (principalement les polynucléaires) et permet la dissémination virale au travers de l’organisme. La primoinfection est symptomatique dans 10% des cas, traduite par un syndrome mononucléosique (pseudo grippal ou angine fébrile avec inversion de la formule leucocytaire, une élévation des transaminases accompagnant des adénopathies voire une hépatosplénomégalie. La présence d’auto-anticorps est fréquente.
Comme pour EBV, au cours de la primo-infection, la prescription d’ampicilline provoque un rash cutané provoqué par une sensibilisation immunoallergique viro-induite.
Au cours de la dissémination, le virus se réplique facilement dans les épithéliums de revêtement et glandulaire (poumon, intestin, rein, glandes salivaires…). Tous les tissus sont exposés à l’infection par ce virus qui peut déterminer par sa cytotoxicité et la réponse inflammtoire qu’il provoque des pathogénies variées.
Les infections graves chez le sujet immunocompétent sont rares mais dominées au plan digestif par des hépatites et des ulcérations coliques et gastro-oesophagiennes et au plan neurologique par des méningo-encéphalites. La pneumopathie interstitielle à HCMV peut survenir de manière isolée ou accompagner les atteintes précédentes.
HCMV est la principale cause d’infection virale congénitale. Souvent mortelle ou responsable de malformations graves quand elle survient dans le 1er trimestre de la grossesse, elle provoque des handicaps lourds au cours du 2nd trimestre. En fin de grossesse, elle est encore responsable de déficits auditifs ou visuels et de retard du développement intellectuel. La maladie chez le jeune enfant est surtout marquée par des troubles épileptiques, des hépatites, entérocolites et pneumopathies. L’infection néonatale ou congénitale s’accompagne d’une excrétion virale massive et prolongée faisant courir des risques importants de contamination de l’entourage.
Chez le sujet immunodéprimé, la dissémination est beaucoup plus importante. Les symptômes sont plus fréquents et plus sévères nécessitant un traitement soit préventif, soit curatif. La rétinite à HCMV est une des principales complications de ce virus chez les Sidéens, annonçant souvent la survenue d’une encéphalite.

DIAGNOSTIC

Diagnostic indirect par la sérologie : détection des IgG, IgM et IgA anti HCMV par méthode immunoenzymatique (ELISA). Au cours des primoinfections, les IgA anti-HCMV sont présentes rapidement après le début des symptômes suivies des IgM puis des IgG un peu plus tard. Après la primoinfection, les infections secondaires s’accompagnent fréquemment de l’élévation des IgG et de la réapparition des IgA et/ou des IgM.

La mesure de l’index d’avidité est une méthode d’évaluer l’ancienneté de l’infection : infection de moins de 3 mois pour un index <40% et suprérieure à 3 mois si l’index est >60% (indéterminé entre 40 et 60%).

Diagnostic direct par isolement en culture de cellules à partir des liquides biologiques (salive, urine, sang, lavage alvéolaire, liquide amniotique…) ou de biopsies d’organes. Le délai du diagnostic (de 7 à 28 jours pour la détection de l’effet cytopathogène) est raccourci par la détection des protéines virales par anticorps monoclonal spécifique à 48 heures.
Diagnostic par PCR dans les mêmes échantillons cliniques, plus sensible et plus souple que la culture de cellules ou l’antigénémie pp65. La PCR est le test de choix pour le diagnostic de virémie et de sa quantification.
Diagnostic de virémie par l’antigénémie pp65 dans les polynucléaires circulants, méthode d’immunofluorescence sur lame, est moins sensible que la PCR. Mais sa positivité est généralement une indication de traitement curatif anti-HCMV par Ganciclovir ou Foscavir.
Le génotypage permet le typage épidémiologique des infections et l’évaluation de la sensibilité des souches virales aux anti-viraux.
Le phénotypage est surtout utile à la détermination des CI50 du virus aux antiviraux in vitro.
En cas de maladie à HCMV, la gravité des lésions est étudiée sur des biopsies d’organe par l’anatomopathologie ou bien par Hybridation in situ.

PREVENTION ET TRAITEMENT

En l’absence d’un vaccin, la prévention repose sur l’hygiène en famille et en collectivité, et sur l’usage de préservatif au cours des rapports sexuels.
Le don de sang est généralement sécurisé par la sérologie HCMV des donneurs comme c’est le cas pour le don d’organe. Au mieux, un receveur séronégatif reçoit un prélèvement HCMV séronégatif et un receveur séropositif pourra recevoir un prélèvement séropositif.
La chimiothérapie antivirale repose essentiellement sur 2 molécules : le Cymévan et le Foscavir, très efficaces sur la prévention de la maladie à HCMV.
Source : www.chu-besancon.fr

1 commentaire:

  1. A travers cette maladie plus l'on decouvert plus ils se raproche de la realite alos pour finir l'indicape ici c'est le comportement affiche de cette maladie qui realise la realite qui est elle meme mise en cause

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