LA TUBERCULOSE

LA TUBERCULOSE
1 . GENERALITES
1.1. LE BACILLE TUBERCULEUX 
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- Mycobacterium bovis et les B.C.G.
- Mycobacterium africanum


Les 3 mycobactéries suivantes sont des variétés d’une même espèce

- Mycobacterium bovis et les B.C.G.
- Mycobacterium africanum
A côté de ces bacilles, des Mycobactéries dites atypiques (xenopi, kansasii, gordonae, avium intracellularæ…)ont été décrit depuis plus d’un siècle. Leur pathogénicité est discutable et doit se replacer dans le contexte radio clinique (immunodépression, SIDA, séquelles pulmonaires…).
1.2. LA CONTAGION TUBERCULEUSE
En pratique, la contamination se fait toujours par voie aérienne. Le contage est presque toujours interhumain par un sujet porteur d’une tuberculose pulmonaire cavitaire par l’intermédiaire de la toux et de la parole. La promiscuité augmente considérablement les risques de contagion (foyers, squatts…). Les facultés d’être contaminé, dans un groupe humain, sont très variables d’un individu à l’autre de ce groupe : risque plus grand pour les immunodéprimés. La révélation d’une maladie tuberculeuse chez le contaminé est souvent assez éloigné de la date de contamination.
Trois points à retenir :
les sujets BK direct -, culture + sont très peu contagieux ;
• les sujets BK direct + sont contagieux.
• les sujets traités deviennent non contagieux entre 5 jours à 3 semaines environ.
1.3. EPIDEMIOLOGIE
FRANCE : Incidence : inférieure à 10/100 000 avec des variations importantes selon les localisations géographiques, et certains groupes humains . En région Ile de France l’incidence est de 27 pour 100.000 et à Paris près de 50 cas pour 100.000 (plus de 1000 cas déclarés en 2001…).62 % des cas parisiens étaient nés en dehors de la France. La tuberculose pulmonaire représente 95 % des cas de tuberculose. Les cas de tuberculose avec HIV + représentent de 1 % à 12 % (Paris).
- pays du tiers-monde, notamment africain, incidence > 100/ 100.000
- tiers-monde avec plus fort taux de multi-résistants (moins de 1% en France mais jusqu’à 20 % dans certains pays) et HIV+
- l’incidence ne diminue plus depuis 1990 environ en France.
Groupes à risques :
. Age préférentiel : nourrisson, adolescent, grand vieillard
. Causes occasionnelles sociales et économiques : promiscuité, sous alimentation , dépression , diabète..
. Non isolement des sujets contagieux
. Déficit immunitaire
- iatrogène : traitement immuno-supresseur, corticothérapie, chimiothérapie
- SIDA : la tuberculose est aussi une maladie opportuniste (ainsi que les mycobactéries atypiques).
DECES : 3 millions de morts par an dans le monde (5° cause de décès), surtout Asie du sud est et Afrique ; 700 décès en France chaque année.
1.4. « Social » : la tuberculose est une maladie prise en charge à 100%, à déclaration obligatoire mais anonyme. Même les patients sans prise en charge SS ou en situation irrégulière peuvent obtenir un traitement adéquat, par l’intermédiaire des dispensaires dans le Rhône.
2. LA PRIMO-INFECTION TUBERCULEUSE (P.I.T.) THORACIQUE
- La contamination se fait par voie aérienne.
- Les techniques de recherche de l’allergie tuberculinique cutanée :
. IDR à 5 unités préférable mais parfois mal réalisée, d’où erreur d’interprétation (technique de référence)
. monotest (bague) simple, fiable, reproductible, intéressant jusqu’à 3 ans.
- Il existe un délai de 3 à 6 semaines entre le contage du BK et l’expression cutanée de la réaction immunitaire (virage de cuti). L’apparition de la maladie, peut demander des mois.
- Rareté des virages (spontanés) de “Cuti” en France du fait de la vaccination obligatoire par le BCG.
- Population immigrée, en précarité, ou d’âge avancé augmente le taux de positivité "spontanée" .
2.1. CLINIQUE
2.1.1. FORMES LATENTES
C’est le virage simple ou virage avec image radiologique (chancre ou complexe primaire) signalée par une positivation du test cutané (qui était antérieurement négatif) mais aucun signe fonctionnel ou général.
Découverte de cette P.I.T. lors d’un examen systématique (école) ou lors d’examen dans l’entourage d’un tuberculeux connu. Ces examens n’ont d’intérêt que chez l’enfant ou l’adolescent - justifie un traitement pour éviter, dans un petit nombre de cas, une tuberculose vraie.
2.1.2 . FORMES PATENTES (RARES OU TRÈS RARES) (virage de cuti + signes cliniques)
Etat infectieux, température subfébrile, quelques jours ou semaines, asthénie, erythème noueux..
2.2. RADIOLOGIE
Il existe un certain parallélisme entre l’importance des signes cliniques et les signes radiologiques, mais des discordances sont possibles.
2.2.1. Adénopathies médiastinales plus ou moins grosses, uniques ou multiples, parfois compressives
2.2.2. Le chancre souvent petit, mal visible, le plus souvent dans les lobes supérieurs.
2.2.3. Complications visibles d’emblée (cf. infra) :
- opacité systématisée : par compression ou obstruction bronchique
- opacité pommelée : ensemencement broncho-pneumonique par fistule ganglionnaire.
2.3. EVOLUTION
La guérison est assurée par un traitement antibiotique correct. Même sans traitement, la guérison est fréquente mais avec parfois de grosses séquelles.
2.3.1. COMPLICATIONS PRECOCES LOCALES
Excavation du chancre, fistulisation intra-bronchique de l’adénopathie, ensemencement local pulmonaire, sténose bronchique par l’adénopathie (atélectasie), association sténose et fistule possible.
2.3.2. COMPLICATIONS PRECOCES GENERALES
Extension de voisinage (pleurésie, péricardite), diffusion hématogène (miliaire, méningite..), reviviscence tuberculeuse.
2.3.3. COMPLICATIONS TARDIVES
De moins en moins fréquentes. On voit encore des séquelles de primo-infection ancienne non traitée: les ganglions calcifiés, les sténoses bronchiques (séquelle de fistule, granulome) (LM, lingula), bronchectasies localisées, hémoptysies à répétition, infections fréquentes, toux,. pathologie non spécifique “maladie du hile” .
2.4. LES FORMES CLINIQUES
2.4.1. Nourrisson : gravité.
Fréquence des complications : méningite, miliaire, adénopathie souvent volumineuse et compressive, forme asphyxiante possible, rupture ganglionnaire massive possible en endobronchique .
2.4.2. Au delà : souvent bénigne, avec risque, ultérieur de tuberculose commune.
2.4.3. Nécessité d’un bilan radiologique et bactériologique.
2.5. TRAITEMENT
2.5.1. LES FORMES LATENTES (virage de cuti simple)
. Vie et scolarité normales
. Aucun examen particulier en dehors d’IDR et Radiographie Pulmonaire de Face
. Traitement antibiotique
- Rifampicine + Isoniazide pendant 3 mois
- (- pour certains, Isoniazide seul pendant 6 mois.)
2.5.2. LES FORMES PATENTES : traitée comme une tuberculose commune (cf infra).
2.5.3. CHIMIOPROPHYLAXIE
Sujet “réceptif” (le plus souvent un nouveau né, cuti -, sans BCG) en contact important avec un patient tuberculeux. Isoniazide + Rifampicine pendant 2 mois (cf infra), puis contrôle IDR. Si + traitement 3 à 6 mois, suivant l’état clinique, si – arrêt du traitement et vaccination.
3. LA TUBERCULOSE PULMONAIRE COMMUNE
3.1. MODE DE REVELATION : très variable :
3.1.1. Début aigu pneumonique, pseudo-grippal (souvent des signes d’alarme dans les semaines précédentes ont été méconnus).
3.1.2. Accidents révélateurs : hémoptysie, pleurésie, pneumothorax.
3.1.3. Le début progressif est le plus classique : asthénie, amaigrissement, perte d’appétit, sueur nocturne, petite température, toux, douleur thoracique.
3.1.4. Découverte d’examen systématique
3.2. CLINIQUE
3.2.1. L’examen est pauvre : quelquefois râles au sommet non spécifiques à l’auscultation, adénopathies cervicales. Une localisation rare et très contagieuse : la laryngite tuberculeuse avec dysphonie, douleur laryngée.
3.2.2. Se renseigner sur les conditions socio-économiques et professionnelle, risque de contamination des enfants, le milieu professionnel (enseignant...)
3.3. RADIOLOGIE
Radiographie de face (± profil) (Scanner thoracique éventuellement).
“IL N’Y A PAS DE SPECIFICITE ABSOLUE DES IMAGES RADIOLOGIQUES”, mais des aspects très évocateurs .
Topographie : Les images se situent le plus souvent au sommet des lobes et en arrière (c’est à dire segments apicaux et dorsaux des lobes supérieurs et segments de Fowler). Chez les personnes âgées, tuberculose des “bases” possible
Aspects : 3.3.1. Les opacités non homogènes: (syndrome alvéolaire) qualifiées d“infiltratives”et nodulaires en foyer
3.3.2. Opacités en foyer rond : tuberculome.
3.3.3. Cavité à paroi épaisse, isolée, plus souvent au sein d’un foyer d’alvéolite : “LA CAVERNE
3.3.4. L’association d’infiltrats, de nodules et de cavités dans un lobe supérieur ou un segment de
Fowler est hautement évocatrice de tuberculose.
3.4. LES FORMES RADIO-CLINIQUES DE LA TUBERCULOSE PULMONAIRE COMMUNE
Les grands types radio-cliniques :
3.4.1. Tuberculose « minimale », généralement latente (découverte d’examen systématique). L’activité de ces lésions est toujours sujette à caution.
3.4.2.Tuberculose dite “fibreuse”, aspect "remanié" avec des éléments calcifiés et des signes de rétraction. Cicatrice ou Reprise évolutive ? Surveillance et bactériologie nécessaires pour répondre à cette question.
3.4.3. Tuberculose moyenne nodulaire et infiltrative, souvent excavée.
3.4.4. Tuberculoses graves : les formes pneumoniques très fébriles et les formes étendues par diffusion d’une maladie négligée : tuberculose broncho pneumonique avec cavernes multiples (ensemencement bronchogène).
3.4.5. Les foyers ronds tuberculeux chroniques ± gros. Diagnostic souvent difficile, culture souvent (-) et échec le plus souvent du traitement anti tuberculeux d’épreuve. Le diagnostic est le plus souvent fait sur une pièce d’exérèse chirurgicale.

3.5. EXAMENS DE LABORATOIRE
3.5.1. Syndrome inflammatoire : VS et CRP élevées, polynucléose possible
3.5.2. L’examen essentiel, le seul affirmant le diagnostic : la bactériologie
- Recherche de BK sur crachats et/ou fibroscopie bronchique.
- Méthode optique : examen direct sur frottis
- Cultures capitales : essentiels pour le diagnostic, l'identification du germe et l'antibiogramme
- PCR (méthode d’amplification génique permettant une avance au diagnostic résultat en 3 ou 4 jour), meilleur que l'examen direct mais moins sensible que la culture !
- Biopsie : follicule épithéloide et giganto cellulaire avec nécrose (caséum).
Mais l’anatomopathologie n’est pas spécifique.
3.5.3. Appréciation de l’immunité générale (HIV)
3.6. LE DIAGNOSTIC REPOSE DONC SUR
La bactériologie, le contexte radio-clinique, et l’histologie éventuellement
Connaître les associations possible avec cancers.
3.7. EVOLUTION
3.7.1 SOUS TRAITEMENT - La contagiosité disparaît en quelques jours (5 à 7 jours)
- Les BK disparaissent en 1-2 mois souvent avant que ne se modifient les images : rétrocession des images, fermeture des cavernes, rétraction et diminution des opacités, plus ou moins rapidement. Le nettoyage est parfois complet, mais souvent il persiste des opacités “fibreuses”, stellaires, se calcifiant à la longue, ou des images bulleuses « séquellaires » ..
- Des séquelles fonctionnelles sévères avec insuffisance respiratoire chronique, bronchectasies localisées ou diffuses sont possibles après des tuberculoses étendues bilatérales.
3.7.2. SANS TRAITEMENT OU AVEC TRAITEMENT “FANTAISISTE” (rôle du contexte « psycho-socio-économique »).
L’évolution peut être rapidement mortelle, mais le plus souvent elle est torpide sur des années avec poussées évolutives à intervalle plus ou moins long avec baisse progressive de l’état général, hémoptysie, pneumothorax, tuberculose à distance, amylose et rejet dans l’atmosphère de BK entretenant l'endémie, acquisition de résistance aux antituberculeux.
4. LES MILIAIRES PULMONAIRES TUBERCULEUSES
Tuberculose diffuse aiguë hématogène. C'est une urgence thérapeutique heureusement rare
- diffuse : atteinte bilatérale ± symétrique des deux poumons. – aiguë : début rapide, lésion étendue.
- hématogène : la diffusion du BK se fait par la circulation sanguine d’où une atteinte possible d’autres organes (un foyer caséeux est le point de départ de la diffusion des BK , c’est souvent le ganglion de primo-infection dans les premières semaines de la P. I. T. ou plus tardivement, ou c’est un foyer tuberculeux pulmonaire ou non)
4.1. CLINIQUE
Début rapide, fièvre élevée en plateau ou oscillante, baisse violente de l’état général, asthénie, dyspnée s’aggravant progressivement, cyanose tardive, quelquefois crachats hémoptoiques.
Radiologiquement : la miliaire fine est l’image typique mais parfois atypies : gros grains, avec éléments nodulo-infiltratifs. Le caractère essentiel est la diffusion aux deux champs pulmonaires de façon symétrique. Le scanner thoracique peut être intéressant pour analyser les images.
4.2. EXAMENS COMPLEMENTAIRES ET BILAN DE LA DIFFUSION
- BK : crachats (3 à 6), Lavage Bronchiolo-Alvéolaire (endoscopie bronchique)..
- recherche d’autres localisations hématogènes : F.O.( granulations choroïdiennes), P.L. (méningite), BK urine, myéloculture, examen gynécologique, éventuellement : ponction ganglionnaire, radios osseuses diverses.
- Sérologie HIV
4.3. DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL : pas toujours facile.
- Le plus souvent, la miliaire tuberculeuse est fébrile et les autres ne le sont pas. Mais
• certaines miliaires tuberculeuses sont “froides” (1 sur 5), faisant discuter les P.I.D. (pneumopathies infiltratives diffuses) et les cancers secondaires.
• certaines miliaires froides non tuberculeuses peuvent être découvertes à l’occasion d’un épisode infectieux fébrile. Ex : grippe sur une silicose méconnue.
• Miliaire grippale : principal diagnostic différentiel.
• Miliaire fébrile dyspnéisante chez les immunodéprimés pneumocystis ? BK ? CMV ?
Les tests tuberculiniques, le LBA avec BK et parfois biopsies pulmonaires sont utiles au diagnostic.
Au moindre doute, la mise en route d’un traitement antituberculeux d’épreuve en attendant les cultures et parfois même en urgence est licite.
4.4. EVOLUTION
spontanément mortelle en quelques semaines “granulie”, mais depuis le traitement antituberculeux : guérison possible avec peu ou pas de séquelle, mais un traitement trop tardif peut entraîner le décès du patient. Chez les personnes âgées, le pronostic est toujours grave.
5. LA PLEURESIE TUBERCULEUSE
Cf cours sur les pleurésies
6. LA TUBERCULOSE GANGLIONNAIRE MEDIASTINALE ET/OU CERVICALE
La tuberculose ganglionnaire est rare :
- elle peut atteindre les ganglions médiastinaux , avec des signes de compression possibles, et des signes généraux à type de fièvre, syndrôme inflammatoire. Elle atteint avant tout les personnes âgées. Le diagnostic se fait le plus souvent sur la médiastinoscopie.
- La tuberculose ganglionnaire cervicale se présente comme un chapelet ganglionnaire avec des ganglions inflammatoires, sensibles. Le diagnostic se fait par une biopsie ganglionnaire avec une anatomo-pathologie évocatrice, les BK sont assez souvent positifs.
- Le traitement est identique à celui de la tuberculose pulmonaire. Au début du traitement une aggravation temporaire peut survenir avec ramollissement des ganglions et fistulisation possible des adénopathies à la peau. En cas de persistance des adénopathies après plusieurs mois de traitement, un curage ganglionnaire peut se discuter.
TRAITEMENT DE LA TUBERCULOSE
1. 3 Imperatifs :
Faire le diagnostic - Isoler le “suspect” - traiter rapidement
2. MEDICAMENTS EFFICACES sur Mycobactérium Tuberculosis
En première intention
- Isoniazide : Rimifon° 5 mg/kg Rifater° Rifampicine
- Rifampicine : Rifadine° 10 mg/kg 1 cp/ 12 kg poids Isoniazide
- Pyrazinamide : Pirilène° 30 mg/kg Pyrazinamide
- Ethambuthol : Myambutol° 20 mg/kg/j
Rifinah° Rifampicine
- et à la réception de l’antibiogramme 1 gélule pour 30 kg Isoniazide
3. PRESCRIPTION : Principes
- Le traitement standard : 2 mois Rifater° + Myambutol° puis Rifinah 4 mois
- Isoniazide + Rifampicine : association minimum obligatoire pour de petites lésions et virage de cuti en pays à très faible résistance primaire (6 mois) .
- Association 3 mois Isoniazide+ Rifampicine pour les sujets contacts dépistés (cf plus bas)
- L’adaptation peut être réalisée avec l’antibiogramme, (qui demande au moins quelques semaines).
- Le traitement doit être pris si possible en une prise à jeun. Faire attention aux toxicités chez les personnes âgées.
4. COMPLICATIONS DU TRAITEMENT :
• Nausées, anorexie : assez rares et bénignes
• Hépatite toxique : due à l’Isoniazide + Rifampicine - Pyrazinamide : surveiller bilan hépatique surtout au début (vers le 5°, 10° jour puis 28° jour…)
• Névrite optique : due à l’Ethambutol après 2 à 4 mois de prescription et sur terrain fragilisé
• Pirazinamide : dosage acide urique, élévation fréquente de l’acide urique mais crise de goutte rare
• rare hypoplaquettose- insuffisance rénale (Rifampicine)
. Coloration orange des urines (normale); en prévenir le patient, coloration possible des verres de contact
par les larmes
. Diminution action des oestroprogestatifs
Le traitement nécessite une surveillance clinique, et même biologique régulière
ISOLEMENT : avant et pendant les premiers jours du traitement (7 à 10 jours) : chambre seule, aération 1 heure 2 à 3 fois par jour. Masque spécifique type « canard » pour visiteurs et patient quand il sort de la chambre. Limiter les déplacements du patient dans la première semaine.
REPOS en fonction des signes inflammatoires et de l’activité habituelle du sujet entre 3 jours à 3 semaines après la mise en route du traitement.
Remarque - Corticoïdes dans les miliaires tuberculeuses dyspnéisantes.
- Lors de pleurésie : évacuation avec les règles habituelles.
- Les sanatoriums ont encore toute leur place : isolement, surveillance des effets secondaires et de
l'observance, amélioration de leur condition de vie, alimentation normale..



LA VACCINATION : BCG
1. GENERALITES
Le BCG protège bien contre la tuberculose dans les pays à bon niveau de vie. Il n’en est pas de même pour les pays à bas niveau de vie. Le BCG est une protection à l’échelon individuel chez des sujets non antérieurement infecté - Le BCG évite la tuberculose de l’enfant, et les formes sévères (miliaire - méningite). Le bénéfice de la vaccination reste réel et doit être maintenu.
2. LA VACCINATION PAR LE BCG EST LARGEMENT REPANDUE EN FRANCE
Près de 100 % dont 80 % avant 2 ans.
3. DUREE DE PROTECTION
10 à 15 ans: réduction du risque chez l’enfant mais absence probable de protection chez l’adulte.
4. A QUEL AGE VACCINER ?
La Loi (48/1983) fixe la vaccination avant 6 ans ou lors de l’entrée en collectivité: de 9 mois à 2 ans âge habituel.
5. LE TEST TUBERCULINIQUE PREVACCINAL
IDR à 5 U et recherche HIV si patient adulte ou facteur de risque (c’est un vaccin avec bacille vivant, le BCG est contre-indiqué en cas de SIDA).
6. COMMENT VACCINER ?
La voie intradermique est de loin la meilleure technique, sinon vaccination par bague (préférable chez les enfants de moins de 2 ans).
7. CONTROLE DE L’ALLERGIE POST-VACCINALE et REVACCINATION
Pas de contrôle post vaccinal. 1 seul BCG est à réaliser. Cas particulier : les migrants ou il est possible de vacciner les adultes – les soignants
8. LES COMPLICATIONS :
rares en dehors des écoulements prolongés quelques mois, ne nécessitant aucun traitement ; les adénites justifient parfois l’exérèse.
“BCGite” généralisée avec dissémination miliaire chez les immunodéprimés.
“Lupus” local sur le site du BCG nécessitant un traitement spécifique local.
9. LES CONTRE-INDICATIONS
déficit immunitaire congénital ou acquis ( SIDA) , c'est le problème des HIV (BCG : vaccin vivant)
toute maladie infectieuse aigue, l’eczéma en période suintante. Faire HIV avant de revacciner un adulte jeune.
10. CONCLUSION :
Protège bien l’enfant contre méningite et miliaire, à inclure parmi les autres moyens d’hygiène et de prévention.
REACTION CUTANEE TUBERCULINIQUE
INTRA DERMO REACTION
- faite par 5 u du Tubertest (flacon à 50 unités), lecture à 72 heures. Positivité> 5 mm
(monotest acceptable chez l’enfant)
- Indications
o Enquête autour d’un cas de tuberculose.
o Dépistage ou surveillance des personnes exposées
o Test prévaccinal chez l’enfant de plus de 4 semaines
NB l’IDR ne doit donc plus être réalisée dans le cadre d’un bilan d’une éventuelle tuberculose
- Enfant de moins de 15 ans : enquête autour d’un cas
o IDR < 5 mm : IDR négative : pas de traitement
o IDR entre 5 et 9 mm. IDR positive
§ BCG < 10 ans : pas de traitement
§ BCG ≥ 10 ans : avis spécialisé (tuberculose –infection possible ?)
§ Pas de BCG : tuberculose :traitement
o IDR entre 10 et 14 mm
§ BCG < 10 ans : avis spécialisé (tuberculose possible ?)
§ BCG ≥ 10 ans ou pas de BCG : tuberculose : traitement
o IDR ≥ 15 mm
§ Tuberculose récente : traitement.
- Personne de plus de 15 ans, enquête autour d’un cas
o IDR < 5 mm : pas de traitement
o IDR entre 5 et 9 mm : pas de traitement , surveillance à 3 mois
o IDR entre 10 et 14 mm, tuberculose possible : traitement ou surveillance
o IDR≥ 15 mm : tuberculose probable : traitement
DEPISTAGE


CONTACT
Famille
Ecole
Entreprise
Prison
ETROIT
Vivant sous le même toit
Elèves (professeur) de la même classe
Partageant le même bureau
Partageant la même cellule
REGULIER

Fréquentation régulière même gymnase, même cantine
Partageant régulièrement ses repas avec le cas
Partageant régulièrement le même atelier


Elèves de la même section
Bureaux même étage
Contact isolé
Tenir compte des facteurs de risque : enfant de moins de 5 ans, adulte de plus de 65 ans, dépression immunitaire, diabète, alcool, insuffisance rénale.. Vaccination par le BCG et infection tuberculeuse antérieure diminue la réceptivité des personnes exposées.
En pratique : Contacts étroits : IDR, RxP et avis médical, à refaire à 3 mois. Surveillance à 12 ou 18 mois. Entourage régulier et occasionnel IDR à T0 et à 3 mois.
2. RETARD DE L’ALLERGIE.
Connaître les maladies “anergisantes” : rougeole, viropathie, hémopathie, tuberculose gravissime, sarcoidose, Sida



PROPHYLAXIE DE LA TUBERCULOSE
1. EPIDEMIOLOGIE
La voie prépondérante de contagion est la voie aérienne
Une tuberculose est certainement contagieuse avant traitement lorsqu’elle est BK + à l’examen
direct. Elle est probablement contagieuse lorsqu’elle est aiguë, fébrile, étendue ou excavée, hémoptoïque
Lorsque les BK ne sont identifiés qu’en culture, contagiosité très faible.
La prolongation du contact, la promiscuité et les mauvaises conditions socio-économiques sont des facteurs favorisants à la contagion
2. EN PRATIQUE :
- isoler les patients (certainement ou probablement contagieux) ;
- demander des recherches de B.K. en urgence dans les crachats ;
- mise en route du traitement rapidement.
- ne pas mixer, dans une unité de soins, avec des immunodéprimés.
- continuer à adresser les patients contagieux dans les sanatoriums, ainsi que ceux dont le suivi risque d’être aléatoire
3. REMARQUES :
Maintenir l’isolement du patient pendant quelques jours (7 à 10 jours, après la mise en route du traitement). Pendant l’isolement, le masque "canard" haute filtration est conseillé au personnel soignant qui entre dans la chambre. Le patient porte ce masque s’il sort de la chambre. Pas d’aérosol pour le patient, risque de diffusion dans la chambre du BK en aérosol.
L’aération de la chambre est également conseillée, 1 heure 2 à 3 fois par jour..
La chimioprophylaxie est proposée chez tous les sujets fragiles ayant été au contact de tuberculoses contagieuses (ou probablement) : nouveau-né, immuno-déprimé.
La vaccination légale doit être maintenue.
Les radiographies de dépistage auront leur fréquence conditionnée par les risques d’exposition à une contagion identifiée, ou très probable (ex : dans certains services hospitaliers) ; en dehors de ce contexte, elles n’ont pas d’intérêt particulier.
- Vigilance particulière pour les tuberculoses suspectes d’être multirésistantes (étrangers, antécédents de tuberculose, SIDA…).
- Maladie à déclaration (anonyme) obligatoire. Le traitement ainsi que tous les examens nécessaires sont pris en charge à 100%.
TUBERCULOSE ET MIGRANTS
IDR chez tous les migrants, et si pas de notion de BCG : RX P et traiter comme une tuberculose infection ?
TUBERCULOSE ET SOIGNANTS (contact régulier avec des tuberculeux)
- Embauche : IDR
o < 10 mm et preuve BCG : pas de revaccination
o < 5 mm et pas de BCG : BCG et contrôle IDR à 6 mois
o > 15 mm recherche tuberculose maladie ou infection
- Surveillance
o Rx P par an ou tous les 2 ans, IDR / 2 ans si IDR initiale < 10 mm
o IDR tous les 5 ans si IDR initiale ≥ 10 mm.
PREVENTION DE LA TRANSMISSION DANS LES ETABLISSEMENTS DE SANTE
- isolement en chambre seul, durée de 1 à 3 semaines, aérer la pièce, éviter les aérosols
- limiter les déplacements du patient
- Port de masque pour le personnel soignant CE, FFP1

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