varicelle et du zona

LE VIRUS DE LA VARICELLE ET DU ZONA (VZV / HHV3)

Ce virus se distingue des autres HHV par les caractéristiques suivantes.
VZV est responsable d’une symptomatologie spécifique, la Varicelle, maladie bénigne de l’enfance.
Il est essentiellement contrôlé in vivo par l’immunité humorale (anticorps neutralisants).
Il se transmet essentiellement par voie respiratoire.
Il est extrêmement contagieux.
Les virémies sont rarement mises en évidence.
Son point commun essentiel avec HHV 1 et 2 est sa latence dans les ganglions sensitifs.
Il est aussi responsable d’infections graves chez l’adulte, l’immunodéprimé et le nourrisson.

Clinique :
L’incubation inapparente est de 14 jours, la contagiosité débute 1 semaine avant l’éruption.
La phase d’invasion est soit asymptomatique, soit fébrile.
La phase éruptive associe un érythème dont la topographie est caractéristique et un énanthème.


Typiquement, l’éruption qui débute au cuir chevelu, à la face et au thorax puis se généralise est faite de macules et de papules très prurigineuses. Elles se transforment en vésicules transparentes cerclées d’un érythème. A partir du 4ème jour, une croûte se forme laissant une séquelle persistant plusieurs semaines.
La grande contagiosité régresse progressivement jusqu’à la disparition des croûtes (environ 2 semaines).
L’éruption , évoluant en poussées successives, dure de 10 à 15 jours.
L’énanthème est fait de vésicules au niveau de la bouche et des muqueuses génitales.
L’atteinte de l’œil est une conjonctivite irritante.
L’intensité de la fièvre est proportionnelle à celle de l’éruption, des adénopathies régionales sont présentes, la splénomégalie est possible.
La guérison survient en 2 à 3 semaines.
Complications potentiellement graves:
La surinfection bactérienne souvent liées aux lésions de grattage.
L’encéphalite, des crises convulsives, rares mais avec de possibles séquelles.
Pneumopathie virale précoce chez l’adulte ou l’enfant immunodéprimé ou surinfection bactérienne plus tardive.
CIVD (coagulation intra-vasculaire disséminée).
Chez l’adulte, l’immunodéprimé, et au cours de la varicelle périnatale, risques d’encéphalite, d’hépatite ou de pneumopathie.
Encéphalopathie et hépatite du syndrome de Reye favorisée par les dérivés salicylés.
Complications moins sévères :
L’ataxie cérebelleuse est fréquente, elle guérit sans séquelle en 15 jours.
Myélites, névrites ou polyradiculonévrites après l’éruption sont d’évolution favorable.
Purpura thrombopénique liée à des auto-anticorps et leuconeutropénie.
La grossesse : les malformations sont rares, les séquelles généralement cutanées.

LE ZONA, REACTIVATION DE LA VARICELLE

Surtout chez l’adulte de plus de 50 ans, ou chez les immunodéprimés, traduite par une éruption érythématovésiculeuse localisée et de topographie unilatérale radiculaire car limitée au dermatome correspondant au ganglion sensitif où a eu lieu la réactivation.
La contagiosité est faible du fait de la présence d’anticorps neutralisants.
Formes cliniques :
Zona intercostal : débute par des douleurs à type de brûlure, parfois de la fièvre et une adénopathie axillaire homolatérale. Les macules apparaissent en moins de 2 jours, donnant des vésicules groupées en bouquets et évoluant en croûtes. Le syndrome méningé est rare mais une méningite biologique existe dans 50% des cas avec un LCR hyperprotéinorachique et une réaction lymphocytaire.
Zona ophtalmique (trijumeau) : même symptomatologie que précédemment, de localisation périorbitaire et très douloureuse. L’éruption respecte le cuir chevelu.
Zona des nerfs maxillaires (inférieur et supérieur).
Zonas plus rares : lomboabdominaux, des membres.
Les complications :
Les algies postzostériennes sont des douleurs neuropathiques invalidantes et prolongées.
Le traitement précoce du zona par aciclovir réduit les séquelles algiques postzostériennes.
Les paralysies radiculaires guérissent sans séquelle.
Les méningoencéphalites avec risque de séquelles sont rares.
Le zona chez les sujets immunodéprimés peut se compliquer de nécroses cutanées ou pulmonaires et de localisations virales multiviscérales de pronostic grave.
DIAGNOSTIC
Essentiellement clinique.
Diagnostic indirect : détection des IgG et IgM anti-VZV par méthode ELISA. La positivité des IgG prouve l’existence de l’infection, active ou latente, sans préjuger de leur ancienneté. Les IgM indiquent l’exstence d’une réplication active récente.
Diagnostic direct :
Prélèvements : écouvillons sur les lésions cutanées, prélèvements respiratoires, biopsies, LCR (liquide céphalo rachidien). Rarement le sang.
Par isolement du virus en culture de fibroblastes nécessitant un délai de 7 à 10 jours pour l’observation d’un effet cytopathogène ou de 48 heures seulement en cas de révélation du virus par un anticorps monoclonal spécifique pour le diagnostic de primo-infection Varicelle. L’isolement de virus en culture de cellules est très peu sensible en cas de zona du fait de l’existence d’anticorps neutralisants.
Par la détection des antigènes viraux sur les cellules prélevées.
Par amplification du génome viral, par PCR, essentiellement pour les LCR). Les virémies à VZV, trop fugaces, ne sont généralement pas détectées.
PREVENTION ET TRAITEMENT
Il existe une vaccination anti-VZV au Japon et aux Etats-Unis.
Le Zovirax est efficace sur la prévention des algies post zostériennes.
Les gammaglobulines anti-VZV ou polyvalentes sont prescrites chez les patients immunodéprimés et les femmes enceintes en contact avec un sujet Varicelleux.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire