Hépatite C

Hépatite C: inquiétude autour de stylos injecteurs défaillants

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Au lendemain de révélations sur les dysfonctionnements d'un outil servant à injecter le traitement contre l'hépatite C, l'agence du médicament annonce qu'elle va évaluer les risques pour les patients.
Les malades atteints d'hépatite C doivent-ils s'inquiéter? Un dysfonctionnement du stylo injecteur de ViraferongPeg, un médicament du laboratoire Merck utilisé dans le traitement de l'hépatite C, a été révélé mercredi par Libération . Un blocage de l'outil empêcherait parfois que le produit ne soit totalement délivré au patient en sous-cutané, sans que celui-ci puisse s'en rendre compte, mettant en péril les chances de guérison. Un médecin niçois, le Pr Albert Tran, a prévenu la société pharmaceutique dès février 2011, et cette dernière affirme avoir signalé le problème aux autorités sanitaires, mais l'Afssaps et l'Agence européenne des médicaments indiquent n'avoir reçu aucune alerte.
Un problème de blocage du stylo avait déjà détecté en 2006 par l'entreprise Merck, rapporte Libération. La société prend alors le problème au sérieux et met en place un numéro vert à destination des patients mécontents. Mais ce premier dysfonctionnement ne sera jamais réglé, malgré les menaces de l'Agence européenne des médicaments, qui a «failli» demander «l'arrêt du produit», selon un cadre interrogé par le quotidien.
Par la suite, trois études publiées en 2009 et 2010 auraient pu mettre sur la piste d'un dysfonctionnement. Elles montraient en effet que le ViraferonPeg délivré en stylo était deux fois moins efficace que son principal concurrent, le Pegasys du Laboratoire Roche, administré par seringue.

L'Afssaps va proposer des mesures

En 2011, 250 personnes ont envoyé des réclamations auprès du laboratoire américain Merck. Pendant un an, la firme pharmaceutique reste silencieuse. Aujourd'hui, elle envisage d'apporter des modifications techniques et si nécessaire, prévoit de repenser l'appareil.
De son côté, «l'Afssaps mettra en place un comité d'experts chargé de préciser les risques liés à ces dysfonctionnements et de proposer les mesures adaptées à la garantie de l'efficacité du traitement», explique l'agence du médicament dans un communiqué publié jeudi. Il devrait être composé d'une dizaine d'experts. En attendant, l'agence recommande aux patients de prendre rendez-vous avec leur médecin pour s'assurer du bon déroulement de leur traitement. Bientôt, un recensement des réclamations liées au dispositif du stylo devrait voir le jour dans un rapport soumis aux autorités européennes.
En France, entre 500.000 et 650.000 personnes seraient porteuses du virus de l'hépatite C, dont 230.000 malades chroniques, selon l'Association française pour l'étude du foie (Afef). Elle se transmet principalement dans le partage de seringues.

1. L’hépatite C : qu'est-ce que c'est ?

 L'hépatite C est une maladie infectieuse d'origine virale qui constitue un véritable problème de santé publique .
L'hépatite C se traduit par une inflammation, plus ou moins détectable, au niveau du foie. Le virus de l'hépatite C (VHC) a été identifié en 1989 et les premiers tests de dépistage ont été disponibles à partir de mars 1990. Il existe différentes variétés de VHC : on recense six groupes ou génotypes, numérotés de 1 à 6. Ces groupes sont plus ou moins sensibles aux traitements.
Si l'hépatite C passe le plus souvent inaperçue au début, elle ne guérit pas spontanément dans 80 % des cas et se transforme en hépatite chronique avec de possibles complications au niveau du foie : 20 % atteignent le stade de la cirrhose et 5 % développent un carcinome hépatocellulaire.
On estime que 3 % de la population mondiale est porteuse du virus. 500 000 à 650 000 personnes sont porteuses du virus en France : cette infection concerne en majorité (60 %) les usagers de drogue administrée par voie intraveineuse, les détenus et les personnes porteuses du VIH, le virus du Sida.
En France, et dans les pays développés en général, l’infection par le virus de l’hépatite C est la cause la plus fréquente d'hépatites chroniques virales, devant les hépatites A et B. Transmise de manière involontaire par des malades qui s'ignorent, cette maladie constitue dans de nombreux pays, y compris les plus industrialisés, un réel problème de santé publique.

2. Les modes de transmission ?

C'est par le sang que la contamination par le virus de l'hépatite C se fait. Les autres modes de contamination sont rares. 

 

La contamination par le virus de l'hépatite C (VHC) se produit quand le sang d'une personne porteuse du VHC entre en contact avec celui d'une personne non infectée.
Jusqu'à 1992, la principale cause de contamination était la transfusion de produits sanguins. Depuis 1992, les dons de sang sont testés. Et, en 2001, un nouveau test qui permet de détecter le matériel génétique du virus dans les dons de sang a rendu la contamination par administration de produits sanguins extrêmement rare. Aujourd'hui, la contamination est principalement le fait du partage de seringue chez les usagers de drogue.
Le VHC peut se contracter lors de rapports sexuels non protégés avec des personnes infectées mais ce mode de contamination est très rare ; cependant, le risque augmente lorsque du sang est échangé (menstruations, blessures dans les voies génitales ou anales). Le risque de transmission du VHC de la mère à l'enfant est inférieur à 5 % si la mère n'est pas infectée par le VIH (virus du sida) et s'élève à 20 % quand la mère est co-infectée (VHC et VIH).
Dans 25 % des cas, on ne retrouve pas l'origine de la contamination.
En pratique :
- En cas de blessure avec une aiguille contaminée : pratiquer une prise de sang dans les 4 semaines pour rechercher le VHC. Faire une sérologie ( prise de sang ) et dosage de ALAT 2 dabs les 12 à 24 semaines
- Les personnes infectées par le VHC ne doivent pas partager rasoirs , ciseaux, brosses à dents aiguilles.
- Les membres d'une famille d'une personne infectée par le VHC doivent avoir au moins une fois une sérologie de dépistage
- L'usage de préservatfis es recommandé en cas de realtions sexuelles multiples et ches les homosexuels masculins
- Les usagers de drogues doivent être trsè vigilants et utiliser des seringues stériles.
- les patients atteints d'hépatite chronique C doivent être vaccinés contre les virus des hépatites A et B .
 

3. Qu'est-ce qui se passe ?

 Le virus de l'hépatite C a un comportement dans l'organisme qui permet parfois d'échapper à l'infection. 

 

Après la contamination par voie sanguine, le virus de l'hépatite C (VHC) se loge dans les cellules du foie pour s'y multiplier. L'organisme déclenche une réaction immunitaire de défense mais le VHC a la capacité de modifier son matériel génétique pour échapper à cette contre-attaque. Résultat : seules deux personnes contaminées sur dix parviennent à se débarrasser du VHC.
Lorsque le VHC échappe à la réaction de défense de l'organisme, il infecte de nombreuses cellules du foie qui se mettent à produire des nouveaux virus en grand nombre. Les virus sont en effet des micro-organismes qui détournent la machinerie biologique d'une autre cellule vivante pour se multiplier. Face à cette augmentation du nombre de virus, la réaction immunitaire se poursuit. L'hépatite chronique correspond à une inflammation qui dure depuis plus de six mois. Cette inflammation est à l'origine de lésions qui conduisent à la destruction des cellules hépatiques infectées. On parle de fibrose puis de cirrhose du foie.

4. Hépatite C : qu'est-ce que je ressens ?

 Habituellement sans symptômes l'hépatite C peut donner des signes cliniques généraux et en premier lieu une grande fatigue . 

 Dans la majorité des cas, l'infection par le virus de l'hépatite C passe inaperçue. En revanche, pendant la phase aiguë de l'hépatite, qui survient de deux à trois mois après la contamination, la personne peut ressentir une grande fatigue générale sans en expliquer l'origine, des troubles digestifs, de la fièvre ou un ictère (jaunisse). La jaunisse est toutefois peu fréquente dans l'hépatite C. Elle se manifeste par une couleur jaune, d'abord des muqueuses (sous la langue, le blanc des yeux), puis de toute la peau, accompagnée d'urines marron foncé et de selles décolorées.

La personne atteinte d'hépatite C peut aussi constater d'autres symptômes comme une grande irritabilité et une incapacité à être calme. Elle peut également ressentir de la tristesse qui se manifeste par des pleurs et avoir des idées noires. Enfin, elle peut ressentir des douleurs dans les os et les articulations et des démangeaisons au niveau de la peau.
Quand l'hépatite devient chronique, elle provoque une cirrhose qui ne se manifeste pas mais qui est à l'origine de complications comme une hémorragie digestive, une ascite (présence de liquide dans l’abdomen) ou des œdèmes.
 

5. Quelle est l'évolution ? 

 L'hépatite C évolue dans près de 2/3 des cas vers la chronicité .


Deux tiers des personnes infectées par le virus de l'hépatite C (VHC) n'éliminent pas spontanément le virus. Chez elles, l'hépatite devient chronique.
Dans 80 % des cas, elle n'entraîne pas de destruction des tissus hépatiques avec formation d'un tissu cicatriciel appelé fibrose.
En revanche pour les autres, la fibrose en envahissant progressivement tout le foie si elle n'est pas traitée peut aboutir à une cirrhose. Celle-ci altère le fonctionnement du foie et est elle-même susceptible d'évoluer vers un cancer du foie et la mort. La consommation d'alcool, le tabac et l'excès de poids sont des facteurs aggravants de la fibrose.
L'évolution, variable selon les individus, est progressive et l'aggravation se déroule souvent sur plusieurs années.
 

6. Quel examen de dépistage de l'hépatite C ?

 

C'est grâce à un test de dépistage à partir d'une prise de sang que le médecin pourra faire le diagnostic de contamination par le virus de l'hépatite C (VHC).
Ce test peut être réalisé dans une consultation de dépistage anonyme et gratuit (CDAG). Il permet de révéler la présence d'anticorps dirigés contre le VHC dans le sérum sanguin du malade. Ces anticorps sont lents à apparaître dans le sang, jusqu'à huit semaines parfois, et il faut donc savoir attendre et renouveler l'examen si un doute persiste. Cette sérologie restera positive même après guérison de la maladie. Cet examen permet d'affirmer le passage du virus dans l'organisme.
Quand le dépistage anticorps anti-VHC est positif, on recherche alors la présence du virus : il s'agit de détecter le matériel génétique du virus, l'ARN (acide ribonucléique) viral. Si cette recherche d'ARN viral est négative à plusieurs reprises, on peut considérer que la personne a spontanément éliminé le virus et est guérie. En revanche, cet examen, s'il est positif, signe la reproduction toujours présente du virus dans le sang et le maintien d'une hépatite chronique après la phase aiguë de la maladie.

7. Quels sont les examens complémentaires ?

 C'est la biopsie hépatique qui confirmera le diagnostic et le stade évolutif

 

Une fois l'infection virale établie, l'atteinte du foie est recherchée grâce à d'autres examens sanguins. Ils attestent d'une atteinte du foie par l'augmentation dans le sang du malade du taux de transaminases (enzymes fabriqués dans les cellules du foie et déversés en grande quantité dans le sang quand ces cellules sont lésées ou détruites) accompagnée ou non d'autres anomalies au niveau du foie (augmentation des phosphatases alcalines, de la bilirubine sanguine ou encore diminution du taux de prothrombine).
Un dosage normal des transaminases n'élimine pas la possibilité d'une hépatite C chronique. De même, aucun examen sanguin ne fera la preuve du type de lésions que l'hépatite peut entraîner au niveau du foie : fibrose, cirrhose.
C'est la biopsie hépatique, réalisée au cours d'une courte hospitalisation, après anesthésie locale, qui permet d'apprécier l'évolution de l'hépatite C vers la cirrhose. Cet examen commence à être remplacé par des méthodes non invasives comme le fibrotest et le fibroscan. Les résultats du bilan du foie permettent de savoir s'il faut envisager un traitement ou bien une surveillance.
 

8. Quels traitements ?

 L'hépatite C bénéficie de traitements qui nécessitent une surveillance très précise . 

Quand le diagnostic d’hépatite chronique C est posé, le traitement antiviral n'est pas donné systématiquement. Souvent la prise en charge consiste à faire une surveillance régulière chez les personnes ayant un taux de transaminases normal et à faire une évaluation de l’état du foie par la biopsie ou une des méthodes non invasives (fibrotest et fibroscan) chez celles dont le taux de transaminases est élevé.
Si le traitement est indiqué, il consiste à prendre des médicaments antiviraux pendant une durée de 6 à 12 mois pour tenter d’éliminer le virus. La durée du traitement dépend du sous-type du virus de l'hépatite C et de la charge virale, c'est-à-dire de la quantité de virus détectée dans le sang. Ce traitement est composé de l'association de deux médicaments : on parle de bithérapie. Elle est fondée sur l'administration de :
- l'interféron. C'est une molécule naturellement présente dans l'organisme qui a pour rôle d'augmenter les réponses du système immunitaire lors d'une agression comme c'est le cas dans l'hépatite C. Deux types d'interféron sont disponibles : l’interféron standard, qui doit être administré par injection sous-cutanée trois fois par semaine et l’interféron pégylé qui ne nécessite qu'une seule injection par semaine ;
- la ribavirine. Cette molécule permet de potentialiser, c'est-à-dire d'augmenter, l'effet de l'interféron. Elle se présente sous forme de gélules que l'on prend par voie orale.
Seule la moitié des personnes sous biothérapie parviennent à éliminer le virus. Cela est dû à la sensibilité variable des sous-types de virus au traitement.

9. Quels effets secondaires des médicaments ?

 Une surveillance rigoureuse est conseillée en cas de traitement pour une hépatite C .

L'interféron présente des effets indésirables importants. Outre de la fièvre et de la fatigue qui surviennent le lendemain de l'injection, les deux réactions qui doivent nécessiter une surveillance sont les troubles de l'humeur qui peuvent aller pour un tiers des personnes traitées jusqu'à la dépression et à un dérèglement de la glande thyroïde. C'est pourquoi des dosages des hormones produites par la thyroïde sont effectués tous les trois mois au cours du traitement antiviral.
La ribavirine présente un effet secondaire indésirable qui est l'anémie, à savoir la diminution du nombre de globules rouges dans le sang, qui se manifeste par des essoufflements, des battements cardiaques particulièrement rapides et une grande fatigue. Par ailleurs, comme la ribavirine peut être à l'origine de malformations de l'embryon, la grossesse est interdite pendant le traitement, que ce soit le futur père ou la future mère qui est traité.

Que faire en cas de grossesse
L'hépatite C n'est pas une contre-indication à la grossesse : la fertilité et le développement du fœtus ne sont pas altérés par la maladie. En revanche, au cours du traitement, toute grossesse doit être évitée. D'ailleurs, les médecins demandent au couple dont l'un des membres est infecté par le virus de l'hépatite C d'être très vigilant et recommandent l'utilisation de préservatifs et d'une contraception orale pendant le traitement et dans les mois qui le suivent : quatre à six mois si c'est la femme qui est porteuse du virus, six à sept mois si c'est l'homme.
La transmission du virus de la mère à l'enfant, dont le risque est inférieur à 5 %, doit probablement avoir lieu au cours de l'accouchement. L'enfant est dépisté mais, la première année, un résultat positif à la présence d'anticorps anti-VHC n'indique pas forcément que le bébé est porteur du virus : il indique seulement de la présence d’anticorps de la mère transmis à l’enfant. Seul le test sanguin, proposé quand l'enfant est âgé de 3 à 12 mois, qui recherche le matériel génétique du VHC, permet d'attester de l'infection. Quant à l'allaitement, il n'est pas contre-indiqué car aucune étude ne prouve une transmission mère-enfant par ce biais.

Que faire en cas de co-infection VHC-VIH ?
En France, on estime que plus de 24 % des personnes infectées par le VIH sont atteintes par le VHC. Cela s'explique par le mode de transmission, le sang, qui est commun aux deux. Or le VIH accélère l'évolution de l'hépatite vers la cirrhose. Les deux traitements, antirétroviral pour le VIH et antiviral pour le VHC, peuvent être menés de pair. Toutefois, il existe des interactions entre la ribavirine, molécule qui compose la bithérapie contre le VHC, et certains médicaments (des analogues nucléosidiques) anti-VIH. En cas de traitement de l'hépatite C par interféron pégylé et ribavirine, zidovudine, ces analogues nucléosidiques doivent être remplacés par d’autres antirétroviraux. Par ailleurs, l'interféron fait diminuer le nombre de cellules immunitaires CD4 mais ce nombre reprend sa valeur initiale après l'arrêt de la biothérapie anti-VHC.
 Source: Le Figaro.fr/sante    par:Caroline Piquet - le 10/02/2012

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