La fièvre

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1. Qu’est-ce que c’est la fièvre  ?



 La fièvre est définie par une température supérieure à 38°C. https://encrypted-tbn1.google.com/images?q=tbn:ANd9GcRB-T2fCvZxw-p20GtGKiHOQPvVJZcWC7zLomnQXzcBYbR8WvLxR2Lc5MKz1w

Une élévation de la température peut survenir à la suite d’une activité physique importante, après un bain chaud l’été, ou lorsque l’enfant est trop couvert. Cette élévation thermique est la conséquence d’une accumulation de chaleur qui dépasse les possibilités de régulation de la température centrale et ce n’est donc pas une fièvre.
Au niveau du cerveau, la température du corps est déterminée par le centre thermorégulateur ; la fièvre est liée à un déplacement du point d’équilibre thermique vers le haut. La fièvre est donc définie comme une élévation de la température centrale au-dessus de 38° C chez un enfant qui n’a pas fait d’activités physiques intenses, qui est normalement couvert et qui se trouve dans une ambiance tempérée.
Pour mesurer la température corporelle, la meilleure méthode est le thermomètre électronique par voie rectale. On peut cependant utiliser d’autres méthodes moins stressantes pour l’enfant (mais moins précises) comme le bandeau à cristaux liquides à poser sur le front, le thermomètre électronique par voie buccale ou axillaire (qui nécessite un temps de prise plus long et sous-estime souvent la température) et le thermomètre à infrarouge par voie auriculaire qui a l’intérêt de permettre une prise de température très rapide (en une seconde).
La méthode la plus précise reste néanmoins le thermomètre rectal (à embout souple pour éviter tout traumatisme du rectum) avant l’âge de deux ans. Le thermomètre auriculaire à infrarouge peut être utilisé avec fiabilité après cet âge.
La main sur le front n’est absolument pas fiable pour indiquer l’existence d’une fièvre chez l’enfant et encore moins pour en apprécier le niveau.

2. Comment cela se passe ?

La fièvre est un mode de réponse de l’organisme aux infections ; elle peut exister également dans les maladies inflammatoires mais celles-ci sont rares chez l’enfant.
La fièvre est le reflet de l’activation des défenses naturelles de l’organisme contre son invasion par des agents infectieux. Elle n’est pas dangereuse en elle-même. Selon certaines études, la mortalité est même augmentée dans les infections bactériennes sévères sans fièvre ; d’autres études ont montré que les médicaments qui font baisser la fièvre (antipyrétiques) pourraient retarder la guérison de certaines infections virales. Il n’existe pas assez de données probantes pour soutenir que la fièvre doit être respectée. Mais on sait aujourd’hui qu’elle ne doit pas être traitée.

3. Comment cela marche ?

Lors d’une infection, les cellules immunitaires qui interviennent dans la lutte contre l’infection sécrètent des protéines, les cytokines, qui sont libérées dans la circulation. Ce sont elles qui vont moduler les réactions du corps à l’infection. Ainsi, certaines cytokines augmentent la température, d’autres la diminuant. Pour augmenter la température, les cytokines provoquent la sécrétion d’un médiateur, une prostaglandine, qui excite le centre de la thermorégulation.
Il ne semble pas exister de corrélation entre l’importance de la fièvre et la sévérité de l’infection qui en est responsable sauf chez le jeune nourrisson. Le risque de maladie sévère est ainsi important à partir de 38° chez un bébé de moins de trois mois et à partir de 39° chez un nourrisson âgé de trois à six mois.
Par ailleurs, la fièvre n’est pas directement responsable de convulsions. On parle souvent de convulsions fébriles. Mieux vaudrait utiliser le terme de convulsions avec fièvre. En dehors de certaines pathologies neurologiques (méningites encéphalites…) qui peuvent se compliquer de convulsions et qui nécessitent un traitement en urgence, des convulsions s’observent lors d’accès de fièvre chez 2 à 5 % des enfants jusqu’à l’âge de 5 ans, le plus souvent lorsqu’ils ont entre 18 et 24 mois.

Les convulsions sont une conséquence de la maladie chez un enfant qui est souvent génétiquement prédisposé. On retrouve fréquemment, en effet, la notion de convulsions au cours d’épisodes de fièvre dans la famille. Ces convulsions qui provoquent toujours une vive inquiétude chez les parents sont, en fait, sans gravité. Les enfants qui ont présenté des convulsions au cours d’épisodes de fièvre se développent ensuite tout à fait normalement, sans séquelles. Enfin, on sait que les médicaments qui font baisser la fièvre n’empêchent pas la survenue de convulsions.

4. Que faire en cas de fièvre

Dans certaines situations la fièvre justifie une consultation en urgence : en cas de température supérieure à 38° chez un enfant de moins de trois mois ou supérieure à 39° chez un enfant âgé de trois à six mois. Après cet âge, une consultation est nécessaire lorsque l’enfant n’a pas le même comportement que d’habitude, lorsqu’il existe d’autres symptômes ou lorsque la fièvre se prolonge. Dans tous les cas, un appel au médecin ou aux services d’urgence permet de juger de la nécessité de consulter dans des délais rapides ou de la possibilité de différer la consultation.
La fièvre n’est qu’un symptôme ; elle est sans danger par elle-même. Ainsi, il n’est pas absolument nécessaire de ramener la température à un niveau normal. Le traitement de la fièvre ne doit donc pas être systématique. La fièvre est le signe d’une maladie, une infection virale le plus souvent. Ce n’est pas en supprimant la fièvre que l’on guérit l’enfant. En revanche la fièvre peut s’accompagner de différents troubles liés à la maladie, une perte d’appétit, une diminution de l’activité, etc. Cet inconfort certain peut être important et il faut alors soulager l’enfant. Par ailleurs, toute fièvre nécessite d’en rechercher la cause et celle-ci peut requérir un traitement spécifique.
Les enfants qui ont fait des convulsions lors d’une fièvre ont un risque élevé d’en refaire d’autres lors d’un nouvel épisode fébrile aux cours des deux années suivantes, surtout si la première crise convulsive a eu lieu avant l’âge de deux ans. Toutefois, aucun médicament étudié (paracétamol, ibuprofène, diazépam) en comparaison avec un placebo n’a démontré sa capacité à prévenir les convulsions lors de leur administration au moment des poussées de fièvre. Il n’existe donc pas de traitement préventif de ces convulsions avec fièvre.
Il est, en revanche, conseillé d’avoir chez soi du valium à administrer par voie intrarectale si une convulsion se produit lors d’une fièvre ultérieure.
 

5. Quel traitement ?

L’objectif du traitement d’une fièvre chez l’enfant est de soulager l’inconfort que cette fièvre peut provoquer. On utilise pour cela des moyens physiques et des médicaments.
Les méthodes dites physiques (déshabillage de l’enfant, prise de boissons fraîches, bain frais, mouillage, brumisation…) ont pour but de reproduire les échanges que l’organisme met naturellement en jeu avec le milieu extérieur pour assurer sa régulation thermique. Il a ainsi longtemps été conseillé de donner à l’enfant un bain à une température inférieure de 2°C à la température rectale, de déshabiller les enfants fiévreux, d’appliquer des enveloppements frais. Or on sait aujourd’hui que ces méthodes ont une efficacité modeste (seul le mouillage semble avoir un certain effet antipyrétique) ; par ailleurs, l’effet de ces méthodes de refroidissement cesse très rapidement dès qu’on les interrompt ; enfin, et surtout, elles suscitent constamment un inconfort parfois important car tout ce qui tend à réduire la température déterminée par l’organisme au niveau central est perçu comme désagréable. Donc, donner un bain frais, déshabiller un enfant grelottant, appliquer des vessies de glace et autres moyens de réfrigération sont des procédés désagréables et inefficaces à reléguer aux oubliettes. A l’inverse, trop couvrir l’enfant pour qu’ « il n’attrape pas froid » peut être dangereux.
L’association d’une fièvre élevée et de conditions extérieures favorisant l’hyperthermie (habillage excessif, chambre surchauffée) peut conduire au syndrome fièvre-hyperthermie qui se caractérise par une fièvre supérieure à 41° C et une défaillance des fonctions vitales. Ce syndrome est heureusement exceptionnel aujourd’hui (deux cas durant la canicule de 2003) mais il est grevé d’un risque élevé de mortalité et de séquelles neurologiques sévères.

Les recommandations actuelles concernant les mesures physiques sont de proposer à boire fréquemment à l’enfant pour qu’il soit bien hydraté en choisissant une boisson qu’il accepte volontiers et non une boisson très fraîche qui ne provoquera au mieux qu’une baisse limitée de la température, de découvrir l’enfant, sans le dévêtir complètement (surtout s’il frissonne, c’est désagréable) et de ne pas surchauffer la chambre mais la maintenir à la température habituellement recommandée (19°).
Les médicaments qui font baisser la fièvre (antipyrétiques) sont surtout utiles pour améliorer le confort de l’enfant et soulager une éventuelle douleur. Les médicaments antipyrétiques les plus utilisés actuellement dans les fièvres de l’enfant sont le paracétamol et l’ibuprofène. Le paracétamol a un effet antipyrétique et antalgique et c’est le plus utilisé aujourd’hui en France chez l’enfant.
L’ibuprofène a un effet antipyrétique, antalgique et anti-inflammatoire ; cet effet anti-inflammatoire est cependant minime aux posologies antipyrétiques et antalgiques et n’a pas de bénéfice démontré pour le traitement de la fièvre chez l’enfant. L’ibuprofène ne doit pas être utilisé chez l’enfant de moins de trois mois.
Enfin, l’acide acétylsalicylique (aspirine) qui était très utilisé chez l’enfant il y a une vingtaine d’années ne l’est pratiquement plus aujourd’hui du fait de ses effets indésirables, notamment le risque de syndrome de Reye, syndrome caractérisé par une atteinte cérébrale et hépatique, souvent mortel, qui peut se produire lors de la prise d’aspirine lors d’une infection virale, principalement d’une varicelle. L’acide acétylsalicylique a, par ailleurs, de nombreux autres effets indésirables qui font qu’il n’est plus recommandé aujourd’hui chez l’enfant en cas de fièvre.
Le but du traitement médicamenteux n’est pas de faire baisser la fièvre qui n’est pas dangereuse mais d’améliorer le confort de l’enfant. Un enfant fébrile peut se sentir en bonne forme. Un traitement systématique de la fièvre n’est donc pas forcément justifié. Si un traitement médicamenteux est nécessaire, on utilisera de préférence le paracétamol en le proposant toutes les six heures tant que l’enfant en a besoin. Il n’est pas justifié de donner deux médicaments antipyrétiques en alternance. Toutefois si l’enfant reste grognon 20 à 30 minutes après la première prise de paracétamol (temps nécessaire pour que le médicament fasse son effet), c’est que le traitement n’est pas suffisant. Dans ce cas, on peut ajouter un autre médicament antipyrétique et antalgique (ibuprofène)
Si l’enfant fébrile va bien, qu’il semble bien supporter sa maladie, il est inutile de donner un médicament ; on proposera seulement des boissons pour que son hydratation reste correcte et on veillera à ne pas le surcouvrir.

En résumé, la fièvre (température supérieure à 38°) est un symptôme, le signe que l’enfant réagit à une maladie, une infection le plus souvent. Une fièvre supérieure à 38° chez un enfant de moins de trois mois ainsi qu’une fièvre supérieure à 39° chez un nourrisson âgé de 3 à 6 mois nécessitent une consultation en urgence. Après cet âge, une consultation est nécessaire lorsque le comportement de l’enfant est modifié, lorsqu’il présente d’autres symptômes, lorsque la fièvre est prolongée, pour en déterminer l’origine et mettre en route éventuellement un traitement spécifique de la maladie en cause. Le but du traitement en cas de fièvre est d’améliorer le confort de l’enfant et non de ramener la température à un niveau normal. Le traitement, lorsqu’il est nécessaire, repose sur des mesures physiques (faire boire, ne pas surcouvrir) associées à un traitement médicamenteux (paracétamol en première intention).
La source: Le Figaro/Sante.fr

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