L'anémie il ne faut pas négliger


L'anémie il ne faut pas négliger 


Fréquente, sa cause doit être recherchée et, même modeste, elle doit être traitée.
Fatigue à l'effort, essoufflement, pâleur de la peau, perte de poids… S'ils doivent attirer l'attention du médecin, les symptômes de l'anémie sont peu spécifiques. Et pour cause: l'anémie n'est pas une maladie mais constitue elle-même un symptôme dont il faut rechercher l'origine.

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Par Martine Lochouarn - le 25/01/2012

Sa définition est biologique: on parle d'anémie quand le taux d'hémoglobine du sang est inférieur à 13 g/dl chez l'homme, 12 g/dl chez la femme. L'hémoglobine fonctionne comme un «poumon moléculaire» qui, au sein des globules rouges, transporte grâce au fer qu'elle contient l'oxygène vers les tissus.

Banale, l'anémie peut parfois avoir des conséquences graves, mais aucune enquête n'avait vraiment évalué son poids dans la population générale. D'où l'intérêt d'un travail récent mené en France par plus de 100 spécialistes de médecine interne qui ont recherché, un même jour, une anémie chez leurs patients hospitalisés ou venus en consultation.

Principales causes

Sur 1351 patients évalués, âgés de 65 ans en moyenne, 65% présentaient une anémie. «Nous ne nous attendions pas à autant. Les patients externes, nombreux, auraient pu être vus par le médecin de ville. Donc, même s'il peut y avoir un effet grossissant de l'hôpital, nos résultats semblent assez représentatifs d'une réalité: la grande fréquence de l'anémie, qui est sous-estimée, souligne le Pr Patrice Cacoub (CHU Pitié-Salpêtrière, Paris), qui a coordonné cette étude. Les principales causes se répartissent en quatre grands groupes: carences en fer et saignements, maladies inflammatoires et infections (rhumatismes inflammatoires, maladies infectieuses, maladies systé­miques…), maladies hématologiques et insuffisance rénale chronique.»
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L'anémie peut résulter de multiples mécanismes et de plus de 200 maladies. Pour la traiter efficacement, il faut donc identifier son origine. Pour le Pr Bruno Varet, hématologue (hôpital Necker, Paris), c'est affaire de logique: «L'hémogramme qui donne le diagnostic d'anémie fournit aussi au médecin des indications qui orientent son diagnostic. Quand les globules rouges sont petits, l'anémie peut provenir d'un manque de fer. Il faut donc le doser. S'il est normal, il s'agit d'une anomalie génétique, souvent mineure, de production de la globine. S'il est bas, il peut s'agir d'une carence en fer ou d'une inflammation qui le rend indisponible. Des examens simples permettent de différencier les deux, comme le dosage de la ferritine, qui stocke le fer, basse dans la ca­rence martiale et augmentée dans l'inflammation, ou celui du coefficient de saturation de la transferrine, un transporteur du fer, réduit par une carence en fer.» La maladie cœliaque (intolérance au gluten) peut aussi provoquer une carence par malabsorption du fer.

Compter les globules jeunes

Autre cas de figure: l'hémogramme indique des globules rouges normaux ou gros. «Il faut alors compter les globules rouges jeunes, explique le Pr Varet. Si leur nombre est élevé, c'est que la production de globules rouges est normale mais qu'ils sont diminués par une hémorragie aiguë ou détruits par une maladie hémolytique, drépanocytose ou autre. Si le taux de ces globules est bas, soit ils ne sont pas assez produits, ce qui peut traduire une maladie de la moelle osseuse (leucémie, lymphome, etc.) qui sera recherchée par un myélogramme, soit il existe une carence en vitamine B12 ou en acide folique.» Cas particulier, l'anémie de l'insuffisance rénale chronique s'accompagne d'une carence en érythropoïétine indispensable à la croissance des globules rouges, qui doit être apportée à ces malades.
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L'anémie par carence martiale est certainement la plus commune, car l'alimentation compense tout juste les petites pertes quotidiennes en fer. Ses causes varient selon l'âge: le plus souvent apport insuffisant chez le bébé, règles abondantes ou grossesse chez la femme jeune, saignements digestifs chez l'homme et la femme âgée. Cette cause identifiée, la carence martiale est corrigée par l'ingestion de fer-médicament ou, depuis peu, de fer injectable.
Également fréquentes, les anémies inflammatoires ont des causes diverses (infection bactérienne traînante, maladie chronique inflammatoire, cancer, etc.), dont le traitement fait disparaître l'anémie. Quelques médicaments (antibiotiques, anticancéreux…) provoquent aussi parfois une anémie. La carence en folate est souvent due à une insuffisance d'apports (fruits et légumes), tout comme celle en vitamine B12, qui peut aussi être d'origine immunologique (maladie de Biermer).
«Il faut donc rechercher la cause de toute anémie, même modeste, et la traiter tout en comblant les carences, d'autant que ses conséquences varient selon le contexte: une petite anémie, gênante mais bien supportée par un sujet jeune, peut s'avérer dramatique chez un coronarien ou un insuffisant cardiaque,

Source: www.Le figaro/Sante. 03-02-2012

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