Les Immunités : premières défenses de l'organisme contre des virus


Immunité : des «tueurs nés» encore plus efficaceshttps://encrypted-tbn0.google.com/images?q=tbn:ANd9GcTM3yW03YEwdyQBRJcLvrkriWmLAz-zXloEjaFFFIctESEiIHUC


 Stimuler les premières défenses de l'organisme contre des virus, en augmentant l'efficacité des "cellules tueuses": c'est possible, montrent des travaux réalisés à Marseille. 

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Des chercheurs du Centre d’immunologie de Marseille-Luminy ont réussi à doper la première ligne de défense du système immunitaire des mammifères. Il s’agit de cellules tueuses rendues plus efficaces chez des souris contre les virus ou les cellules de tumeurs en rendant un gène inactif.
Comme leur nom l’indique, les cellules Natural Killer (NK) de notre système immunitaire sont là pour tuer, sans faire dans la dentelle. Elles font en effet partie de la première ligne de défense de notre organisme, cette immunité innée qui lutte contre les intrus et qui prépare le terrain pour une seconde ligne de défense, plus sophistiquée, qui fourbit ses armes en fonction du profil de l’ennemi. C’est l’immunité adaptative, réponse immunitaire spécifique et qui garde en mémoire les profils des ennemis combattus.

Au lancement de leur programme de génétique il y a plusieurs années, Eric Vivier, Sophie Ugolini et leurs collègues du CMIL voulaient savoir s’il était possible de «sélectionner des fonctions NK différentes de la normale», comme l’explique Eric Vivier sur le site du CIML (Inserm/CNRS/Université Aix Marseille).
De fait, ces chercheurs ont repéré un gène qui, inactivé, rendait les cellules NK plus efficaces. Les souris deviennent alors résistantes à des maladies virales auxquelles elles succombaient auparavant. Elles luttaient aussi plus efficacement contre les cellules tumorales.
Ce gène code pour un récepteur (NKp46) présent à la surface des cellules NK. Curieusement, le gène était connu pour être un activateur de cellules tueuses. Les premiers résultats obtenus montrant des NK renforcées alors que ce gène était inactivé, paraissaient donc contre-intuitifs. Pourtant, le fait de bloquer ce gène au cours du développement des cellules NK leur permet d’être plus fonctionnelles, expliquent les chercheurs.
Alors pourquoi de telles tueuses n’existent pas à l’état naturel? Parce que leur action a un coût, ont constaté les chercheurs, qui publient leurs travaux cette semaine dans la revue Science. La sur-activation des cellules NK se fait au détriment de l’immunité adaptative. La lutte contre les virus est meilleure dans un premier temps mais la capacité de mémorisation du système immunitaire en pâtit, précisent les chercheurs de Marseille. L’évolution a fait son choix et conservé le plus avantageux pour les mammifères : l’immunité adaptative.

Cependant, les résultats obtenus sur les souris pourraient déboucher sur des applications thérapeutiques bien spécifiques. L’équipe de Vivier et Ugolini a réussi à bloquer le récepteur NKp46 avec un médicament (un anticorps monoclonal). Un tel traitement permettrait de stimuler les défenses de personnes dont l’immunité spécifique est déjà affaiblie, comme les patients ayant subi une greffe de moelle ou les personnes atteintes du sida.


Source:Sciences & Avenir.fr
20/01/12

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