Otite, angine, sinusite


http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSfdwjMK3IfNtt0957593L_RyvIO5Jzb9gZHe2R2k_TFSoRLBpHhttp://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRnFiktuQRsKjFb4k2TvxB6HmXUHln2HZFmIgzmaLyh0dF-FnEC2EyM2qcZhttp://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSAdDRdmSULRdUzkqAU67Ujbk1h2BLREAlZDGr3hhmHOxcofM2q4sH_inA96Q

Otite, angine, sinusite: les antibiotiques souvent inutiles

Les études montrent que ces médicaments ne permettent pas de guérir plus vite.
Si vous avez une sinusite et ne prenez pas d'antibiotiques, il y a de fortes chances que vous guérissiez de la même façon qu'en en avalant pendant 10 jours.
Une étude réalisée par l'Université de Saint-Louis (États-Unis) publiée dans le réputé Journal of the American Medical Association vient de le démontrer. Dès le troisième jour après la consultation initiale, un tiers des malades allait mieux avec seulement un traitement contre la douleur, la congestion nasale et la fièvre. Tout comme ceux du groupe qui recevait en plus des antibiotiques. Après dix jours, quatre patients sur cinq allaient mieux que ce soit avec ou sans antibiotiques!
Ces résultats a priori étonnants ne surprennent pas le Pr Christian Chidiac (hôpital de la Croix-Rousse, Lyon): «Le niveau de preuve pour les antibiotiques dans la sinusite est très faible. On peut même dire qu'il n'y en a pas», remarque l'infectiologue, ajoutant: «C'est plus une habitude de prescription.» Il est vrai que la sinusite est un peu à part, explique le Pr Robert Cohen (hôpital de Créteil), président du groupe de travail à l'origine des dernières recommandations du groupe de travail de l'Afssaps (Agence du médicament) sur les anti-infectieux. Car «pour la sinusite, l'examen du patient est trompeur et le diagnostic de sinusite est vraiment difficile à faire, alors que lorsqu'un médecin voit une gorge rouge il fait le diagnostic d'angine et que lorsqu'il voit le tympan il peut repérer une otite». C'est pourquoi, en cas de sinusite, beaucoup de médecins ont la main lourde sur l'antibiothérapie.
Une mauvaise habitude qui n'est d'ailleurs pas limitée à la sinusite puisque les experts sont unanimes à dénoncer l'abus d'antibiotiques dans les autres infections respiratoires hautes: otites, rhinopharyngites, angines. À tel point même que, lorsqu'ils s'adressent aux médecins, les experts se sentent désormais obligés de commencer leurs recommandations sur l'antibiothérapie par décrire les situations dans lesquelles il n'est pas recommandé de prescrire un antibiotique d'emblée!

Une affection bénigne

La rhinopharyngite, par exemple. On compte trois millions de cas chaque année en France, en particulier chez les enfants de moins de six ans qui souffrent de cinq à huit épisodes par an. Heureusement, quand ils sont plus grands, les choses s'arrangent car ils ont développé une immunité, autrement dit leur système de défense immunitaire a rencontré suffisamment de virus différents pour apprendre à les reconnaître rapidement et donc être plus efficace. Quoi qu'il en soit, les antibiotiques sont inutiles dans la grande majorité des rhinopharyngites puisqu'elles sont généralement dues à un virus. Sans compter qu'il s'agit d'une affection bénigne et qui guérit spontanément en sept à dix jours.
Oui, mais lorsque l'enfant a des sécrétions apparemment purulentes, n'est-il pas temps de passer aux antibiotiques? Là encore, contrairement à une idée reçue, il ne s'agit que de cellules mortes et cela ne signifie pas que la rhinopharyngite se soit surinfectée. Il est bien sûr toujours souhaitable de revoir le médecin si les choses vont de mal en pis mais prendre des antibiotiques en cas de doute n'est pas une stratégie très pertinente. «Le doute a bon dos. On finit par traiter tout le monde», dénonce le Pr Chidiac. C'est d'ailleurs la même chose dans l'otite où la consommation d'antibiotiques reste à des niveaux impressionnants: «Trois millions de doses prescrites chaque année dans l'otite moyenne aiguë!», déplore le Pr Édouard Bingen, microbiologiste à l'hôpital Robert-Debré (Paris). «La majorité des otites ont une évolution spontanément favorable», renchérit le Pr Chidiac, «une simple otite inflammatoire aiguë ne nécessite pas une antibiothérapie. Il ne faut traiter que les vraies otites moyennes aiguës purulentes».
Reste l'angine. «Le problème, explique le Dr Patrick Martin, généraliste à Chennevières, c'est qu'il ne faut utiliser les antibiotiques que lorsqu'il y a un streptocoque, mais pour le savoir encore faut-il faire un test de diagnostic rapide.» Ces fameux tests en seulement sept minutes, entre le prélèvement et le résultat, permettent d'affirmer la présence ou l'absence du germe. Que penser des médecins qui savent distinguer une angine virale d'une angine bactérienne au premier coup d'œil? «Qu'ils sont très forts, s'amuse le Dr Martin. Moi qui utilise le test de diagnostic rapide, je suis régulièrement étonné par le résultat. Tantôt c'est une angine forte qui reste pourtant d'origine virale, tantôt un streptocoque se cache derrière une angine apparemment modérée. Le test rapide est incontournable.»

Antibiotiques : la France sur la mauvaise pente

La consommation repart à la hausse depuis cinq ans, les femmes et les personnes âgées étant principalement concernées. 
L'embellie a duré cinq ans, mais la rechute guette. Après une diminution sensible entre 1999 et 2004, la consommation d'antibiotiques repart légèrement à la hausse en France, selon un nouveau bilan publié mardi par l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). Cette tendance est jugée «préoccupante» par l'Agence, qui met aussi en exergue le faible nombre de nouvelles molécules et un recours accru à certaines classes d'antibiotiques qu'il conviendrait pourtant de préserver.
Au début des années 2000, la France était championne d'Europe des prescriptions d'antibiotiques, et les résistances des bactéries à ces médicaments commençaient à grimper dangereusement. Un plan national d'actions vers les professionnels et une sensibilisation du public (avec le fameux slogan «Les antibiotiques, c'est pas automatique» de l'Assurance-maladie) ont renversé la vapeur. Mais depuis quelque temps, les indicateurs de consommation et du niveau des résistances semblent repartir vers le rouge.
http://www.lefigaro.fr/assets/graph/science-2011-25-antibiotiques.jpg
Cliquez sur l'image pour agrandir l'infographie.
Alors qu'un nouveau plan antibiotiques (le troisième depuis 2001) doit être mis en place par le ministère de la Santé, le rapport de l'Afssaps fait une photographie précise de l'évolution ces dix dernières années. Entre 1999 et 2009, la consommation d'antibiotiques a globalement diminué de 16% dans notre pays. Mais si la baisse a été continue les cinq premières années, l'évolution est depuis plus irrégulière, et le chiffre plancher de 2004 n'a jamais été dépassé (voir ci-contre). La France caracole toujours dans les pays de tête en Europe, juste dépassée par la Grèce. Notre taux de consommation par jour et pour 1 000 habitants est 2,5 fois plus élevé que celui des Pays-Bas, le plus économe.

Des différences selon les régions 

En 2009, 157 millions d'unités d'antibiotiques ont ainsi été vendues en France. La grande majorité des prescriptions se font en médecine libérale, et plus des deux tiers de celles-ci sont le fait d'un généraliste. Pour autant, en valeur relative, ce sont les personnes hospitalisées qui sont les plus exposées à ces traitements. «Près de 4 patients sur 10 hospitalisés ont reçu en 2009 un jour donné une dose d'antibiotique, alors qu'en ville ce taux journalier est inférieur à 30 personnes sur 1.000», précise le rapport. Globalement, la consommation est majoritaire chez les femmes (57%) et dans les tranches d'âge les plus âgées. «La consommation progresse rapidement à partir de 65 ans et atteint des niveaux très élevés pour la population âgée de plus de 84 ans», souligne l'Afssaps, qui n'a pas pu publier de données chez les moins de 15 ans, compte tenu de sa méthodologie de calcul. Les niveaux de prescriptions varient aussi selon les régions, largement plus élevés dans le nord. De nombreux éléments (état de santé, offre de soins, démographie…) doivent être pris en compte pour interpréter correctement ces différences régionales, prévient l'Afssaps.

Innovation en panne 

Quatre familles d'antibiotiques sont en progression dans les prescriptions de ville: les tétracyclines, les associations de pénicilline (dont la part a quasiment doublé en dix ans), les céphalosporines dites de troisième génération et les quinolones. «L'augmentation de la consommation de ces deux dernières classes est préoccupante», estime l'agence, car elle contribue à sélectionner certains germes résistants. D'autant plus que l'innovation thérapeutique est en panne: ces dix dernières années, seules 10 nouvelles molécules ont été mises sur le marché, et 25 ont été arrêtées. Pour l'Afssaps, il est indispensable que les prescripteurs établissent toujours une distinction entre les antibiotiques de première ligne et ceux de recours qui doivent être considérés «comme une ressource rare dont l'association doit être limitée à des cas pleinement justifiés». Les infectiologues rappellent aussi que les infections des voies aériennes (angines, bronchites…) qui sont majoritairement d'origine virale sont encore trop souvent systématiquement traitées par antibiotiques.
Source:www.leFigaro/Sante.fr

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire