Traiter la douleur de l'enfant

Comment traiter la douleur de l'enfant ? https://encrypted-tbn3.google.com/images?q=tbn:ANd9GcTkuliH9K1vrQIMABMWPeXhOraU1-wVnuOLs_56cPjfy-ByxGvB


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La réponse de Barbara Tourniaire, pédiatre, spécialiste de la douleur.
Chez l'enfant, comme chez l'adulte, les professionnels de santé sont confrontés à différents types de douleurs : douleurs liées aux soins, douleurs aiguës chirurgicales ou médicales et douleurs chroniques. L'évaluation de la douleur est incontournable pour une prise en charge correcte. Elle est souvent difficile, surtout chez les plus petits, et doit s'appuyer sur des échelles d'évaluation validées. L'intrication peur et douleur est à prendre en considération, mais ne doit pas faire nier la douleur.
Depuis les années 1980, de nombreuses échelles d'évaluation de la douleur ont été mises au point par tranche d'âge et par situation. Avant 4 ou 5 ans, seule l'hétéroévaluation est possible : le soignant observe l'enfant et note la présence de signes de douleur sur une grille d'évaluation. Dès que l'enfant en est capable, il pourra lui-même s'autoévaluer (entre 4 et 6 ans, selon les enfants).
Dans le cas du nouveau-né, des échelles d'évaluation bien spécifiques ont été mises au point, pour la douleur aiguë et la douleur prolongée, et basées sur des critères comportementaux (réponses et expressions faciales, mouvements des membres et expression vocale de la douleur : pleurs, cris de l'enfant), tout autant que physiologiques (fréquence cardiaque, saturation d'oxygène).
Chez le petit enfant, jusqu'à l'âge de l'autoévaluation, ont été développées différentes échelles, en fonction de l'âge, mais aussi de la situation (douleur aiguë ou prolongée). Récemment, des équipes françaises ont validé une échelle qui permet d'évaluer ces différents types de douleur de la naissance à 7 ans : l'échelle Evendol.

«Combien tu as mal ?» 

L'échelle des visages (6 visages exprimant un niveau de douleur différent) peut être utilisée chez l'enfant à partir de 4 ans. La qualité des consignes à transmettre est primordiale. Celles-ci doivent être claires, simples et facilement compréhensibles par l'enfant.
Entre 6 et 8 ans, l'échelle EVA (échelle visuelle analogique) est le «gold standard». À partir de 8 ans, l'échelle numérique est une bonne alternative - «peux-tu me dire à combien tu as mal, entre 0 et 10» -, mais son utilisation dépendra de la capacité à comprendre la valeur des chiffres. Ces réglettes d'évaluation devraient être disponibles et utilisées de manière systématique pour tous les enfants.
Enfin, il existe des échelles spécifiques utilisées dans le cadre d'un enfant en réanimation qui, sous sédatif, ne peut exprimer sa douleur comme les autres enfants. De même, des échelles spéciales doivent être utilisées pour les enfants polyhandicapés chez qui les causes de douleur sont multiples et auxquels nous devons être particulièrement attentifs. Ces outils peuvent paraître complexes mais les soignants se les approprient très vite après une phase d'apprentissage. Ils sont tous disponibles sur le site www.pediadol.org.
L'une des clés est la qualité mais aussi la durée de la première consultation, qui permet de questionner correctement l'enfant.

Eviter une phobie des soins 

Les situations de douleur aiguë se règlent le plus souvent assez facilement avec une bonne évaluation et un traitement antalgique adapté (crème anesthésiante, solutions sucrées, inhalation du mélange oxygène, protoxyde d'azote pour un soin douloureux, morphiniques pour une douleur postopératoire…). Une prise en charge insuffisante de la douleur des soins peut conduire à une phobie des soins chez l'enfant.
L'information des familles et des enfants, la distraction, l'hypnose et la présence des parents font partie intégrante du traitement, évitant souvent la spirale peur-douleur. L'association Sparadrap propose de nombreux documents d'information et de formation aux familles et aux soignants dans tous ces domaines : films, DVD, livrets, mais aussi diffusion de réglettes d'évaluation de la douleur.
Dans le domaine de la douleur, la pédiatrie a été et reste très en avance par rapport aux adultes ; de nombreux moyens ont été développés et sont disponibles et devraient être proposés de manière systématique aux enfants. Ce thème est un des axes principaux de travail du groupe Pediadol, qui organise chaque année à l'Unesco les Journées nationales de la douleur de l'enfant. 
Les situations de douleur prolongée sont totalement différentes ; une intrication importante existe souvent avec des facteurs psychologiques et familiaux. Ces patients relèvent plus particulièrement des consultations en unité douleur dans lesquelles des méthodes médicamenteuses, psycho-corporelles et psychologiques seront proposées. La prise en charge de la douleur de l'enfant ne se résume pas au médicament. En effet, il existe des méthodes qui permettent d'accompagner et d'améliorer celle-ci. La psychothérapie a une place importante dans les unités douleur. Les consultations s'y font souvent à deux : un médecin et un psychiatre ou un psychologue. Une approche psychocorporelle peut également être proposée : relaxation et hypnose. Ces approches permettent à l'enfant de mieux ressentir son corps et de verbaliser plus précisément sa souffrance.

Source: Jean-Luc Nothias - le 18/09/2011
diffuse l'information sur la douleur de l'enfant sur son site: www.pediadol.org

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